Dimanche 30 mai 2010 - Sainte Trinité - Baptême de neuf jeunes et Profession de foi des collégiens

Comment tu parles à ton père ?

Proverbes 8,22-31 - Psaume 8,4-9 - Romains 5,1-5 - Jean 16,12-15
dimanche 30 mai 2010.
 

Ces mots résonnent en chacun selon son histoire et son âge, touchant en lui l’enfant, l’adolescent ou l’adulte qu’il est ou qu’il a été. Certains n’ont plus de père ou n’en ont jamais eu, pour d’autres il est ou fut absent, ou pire. Parmi ces derniers sont nombre de délinquants ou de clochards. Pourtant, dans leur vie de galère, beaucoup se découvrent un frère : quelqu’un qui n’est pas là pour m’enfoncer ou me juger, mais qui m’épaule en toute situation et fait ce qu’il peut pour me relever et m’aider à survivre.

Pour connaître Dieu il faut faire l’expérience d’un tel frère en la personne de Jésus qui s’est fait notre compagnon de galère, ou de détresse pour parler comme saint Paul. C’est pourquoi la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Dieu merci, il n’est pas nécessaire que tous connaissent la misère matérielle et physique des gens de la rue, et nous devons soulager autant que possible ceux qu’elle éprouve. Mais il faut reconnaître cette misère spirituelle dont nous sommes tous affligés, et qui consiste en l’impuissance à se libérer du péché. Nul ne connaît Dieu sans accueillir pour soi-même la grâce du crucifié qui nous délivre du Mal. C’est pourquoi l’orgueil empêche absolument la foi.

J’aurai beau venir à la messe tous les dimanches et faire résonner très haut les mots du credo, si mon cœur ne se confond pas en demande et en action de grâce pour implorer le Christ de me délivrer du mal, je ne suis qu’un sac de vanité qui sonne creux en cassant les oreilles du monde. Aussi allons-nous chanter de tout notre cœur les litanies des saints pour les associer à notre demande de la grâce du baptême pour ces neufs enfants et jeunes gens, et de la conversion pour nous tous. Puis, avec les professants de ce jour, nous dirons le symbole des Apôtres, la foi de l’Église qui nous est donnée pour que nous vivions de la vie de Dieu, aujourd’hui et toujours. Forts de cette foi, nous soutiendrons les catéchumènes qui répondront ensuite eux-mêmes aux questions « Renoncez-vous... ? » et « Croyez-vous... ? », afin de recevoir le baptême dans la foi en la mort et la résurrection de Jésus Christ.

Celui qui reçoit Jésus comme frère apprend à le connaître et découvre bientôt qu’il a un Père, merveilleux et parfaitement uni à lui, tout entier se donnant à son Fils dans son amour infini. Et voilà que ce Frère, dans son amour pour ses amis, donne sa vie pour eux et leur partage son Père. Ayant reçu le Père avec le Fils, nous découvrons l’Esprit en qui les Deux sont unis et nous unissent à eux. Et nous pouvons dire : « Tiens, tu étais là, Seigneur ! » Car l’Esprit Saint n’a pas attendu que nous nous avisions de son action pour agir en nous et dans le monde.

L’Esprit, nous en faisons l’expérience plénière dans l’assemblée de l’Église, où nous reconnaissons la multitude des frères que Dieu nous donne en nous prenant pour ses enfants. Car c’est lui qui parle au Très Haut en notre cœur comme son Fils bien-aimé en l’appelant « Papa, Père ! » Ainsi la prière nous introduit au cœur de la Trinité, le Dieu trois fois saint, Père, Fils et Saint-Esprit, au nom de qui nous sommes baptisés.