Dimanche 25 juillet 2010 - 17e dimanche C

Vous ne me dérangez jamais. De quoi avez-vous besoin ?

Genèse 18,20-32 - Psaume 137,1-3.6-8 - Colossiens 2,12-14 - Luc 11,1-13
dimanche 25 juillet 2010.
 

Nous avons besoin de mille choses chaque jour, qu’il nous faut souvent obtenir auprès d’autres personnes. S’il s’agit du marchand et que nous sommes solvables, la transaction ne devrait pas poser de problèmes. Parfois l’affaire n’est pas si simple : il s’agit d’adresser une demande à quelqu’un qui s’en trouvera affecté d’une manière ou d’une autre. La sagesse consiste alors à bien peser les éléments pour déterminer la conduite à tenir. Dans quelle mesure suis-je pressé par la nécessité ? Quels efforts mon bienfaiteur potentiel est-il disposé à consentir pour me satisfaire ? Comment pourrais-je présenter ou accompagner ma demande pour la rendre plus recevable ? En somme, si les situations peuvent être compliquées, au moins le principe est-il simple.

Alors pourquoi, au sujet de la prière, compliquons-nous les principes ? Nous multiplions les objections et les embarras : Dieu va-t-il daigner s’occuper de si peu, ou, au contraire, réussir à accorder l’impossible ? S’il peut et sait tout, ne devrait-il pas nous satisfaire sans que nous ayons à l’implorer ? La prière de demande n’est-elle pas un peu vulgaire par rapport au celle qui se contente de dire merci et, finalement, ne devrions-nous pas nous contenter d’adorer, tout simplement ? En réponse à la question de ses disciples, Jésus pose fermement les principes de notre communication avec Dieu de manière que nous ne devrions plus avoir de problèmes, du moins pour ce qui est de la méthode.

Question : Que pouvons-nous demander ? Réponse : Tout ce que les disciples peuvent demander ensemble à Dieu qu’ils reconnaissent comme leur Père ; donc tout ce que nous pouvons reconnaître comme bon, que ce soit pour toute l’Église ou pour l’un quelconque d’entre nous. Corollaire : nous ne pouvons demander que ce que nous sommes disposés à donner, à l’occasion, si nous en sommes riches tandis que d’autres qui en sont pauvres nous le demandent. Et tout particulièrement le pardon des fautes !

Question : Pourquoi faut-il demander ? Réponse : Pour prendre Dieu en considération. Le malheur du monde vient de ce que nous avons tourné le dos à Dieu : le Malin nous l’a suggéré, nous lui avons cédé, et c’est lui qui en profite pour nous faire du mal. Pour nous arracher à cette damnation, Dieu a donné son propre Fils : cela mérite considération ! Ainsi, demander le salut, c’est déjà l’avoir reçu. Remarque : quand les disciples ensemble appellent Dieu « Père », c’est déjà un effet du salut en son Fils Jésus, c’est l’action de grâce pleine d’adoration qui accueille et contient tout le reste de la prière.

Question : Comment faut-il demander ? Réponse : avec un grand désir d’écouter la réponse. Notre Père ne nous donne pas seulement les biens matériels indispensables à la vie du corps, il nous dispense aussi les biens spirituels et tout ce dont nous avons besoin pour vivre de sa vie éternelle. À qui veut l’entendre, il révèle aussi de quel prix peuvent être certaines privations pour le bien de celui qui les endure ou pour celui de beaucoup d’autres. Quand le Fils suppliait « avec grand cri et larmes » pour être délivré de son « Heure », il apprit la patience et l’obéissance, « tout Fils qu’il était », jusqu’au troisième jour, le jour de la réponse du Père dans la lumière de Pâques.

Sur la parole du Fils unique, lui qui connaît le cœur du Père, croyons que vers ses enfants qui l’implorent il incline aussitôt l’oreille et leur dit : « Vous ne me dérangez jamais. De quoi avez-vous besoin de bon ? Voyons cela ensemble. Et merci de me demander, c’est ainsi que vous me permettez de vous donner. C’est ainsi que vous êtes à l’écoute de l’Esprit Saint et que vous en serez comblés. »