Mardi 2 novembre 2010 - Commémoration de tous les fidèles défunts

Une preuve de vie des morts

Martyrs d’Israël 12,43-46 - Psaume 85,1-7.11-13.15-17 - Romains 14,7-9 - Jean 3,16-17
mardi 2 novembre 2010.
 

Nous voulons des preuves de vie. Dans une situation dramatique, des otages aux mains de terroristes, des mineurs bloqués au fond, des voyageurs disparus, l’incertitude est totale. Seule une communication directe, par téléphone ou tout autre moyen, peut nous prouver qu’ils sont vivants à l’instant. Mais, déjà, un enregistrement vidéo daté de façon crédible apporte une quasi certitude. Enfin, à défaut de mieux ou en complément, un témoignage autorisé sera pris en considération.

Une question semblable peut se poser pour les morts : sont-ils, oui ou non, vivants au-delà ? Peut-on recevoir une preuve de vie de ceux qui sont morts ? Certains prétendent pouvoir communiquer avec les morts. D’autres interprètent, souvent avec beaucoup d’assurance, certains événements comme des messages de leur part. Enfin, des voix s’élèvent pour se prononcer en la matière avec une autorité plus ou moins contestable.

Il me semble, mes frères, que les textes que nous avons choisis pour la célébration d’aujourd’hui indiquent les meilleures preuves de vie que nous pouvons souhaiter pour nos défunts.

D’abord la prière est une communication, sinon immédiate, du moins réellement directe avec eux. Nous n’entendons pas leur voix, nous ne voyons pas leur visage. Mais elle s’adresse à Dieu en qui ils sont reliés à nous plus sûrement que par aucun moyen matériel. L’Esprit Saint qui prie en nous avec des gémissements ineffables atteste qu’ils sont gardés en vue de la résurrection qu’ils espèrent. Cette certitude spirituelle était déjà celle de Judas Macchabée lorsqu’il envoyait une collecte à Jérusalem afin d’offrir un sacrifice pour le péché en faveur de ses frères tombé au combat. En priant le Psaume 85, unis à tous les croyants depuis notre Père Abraham, nous avons partagé cette assurance dans l’Esprit.

Ensuite, vous avez entendu l’Apôtre saint Paul dans la lettre aux Romains : « Si le Christ a connu la mort, puis la vie, c’est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants. » Quand nous levons les yeux vers la croix, nous voyons celui qui a souffert la Passion pour le pardon des péchés de tous, et qui est ressuscité pour donner la vie à tous. Cet événement pascal, daté précisément dans le temps, demeure dans la mémoire de l’Église mieux qu’aucun document sonore ou visuel, et il nous atteint maintenant dans la célébration de l’Eucharistie. Et c’est donc maintenant que nous pouvons voir dans le Christ dont nous faisons mémoire et qui se rend présent au milieu de nous, les chers défunts que nous lui avons confiés.

Enfin, le Fils de Dieu l’atteste lui-même dans l’évangile de saint Jean que nous avons entendu : son Père l’a envoyé dans le monde non pas pour juger le monde, mais pour que par lui le monde soit sauvé. Celui dont toute autorité procède, au ciel et sur la terre, a voulu arracher toute créature au néant et à la damnation. Comment ne pas espérer dès lors que nos défunts ont entendu la voix du Bon Berger parti les chercher aussi loin qu’ils aient pu s’égarer ?

Mes amis, le Père, le Fils et le Saint-Esprit affirment à notre esprit que nous pouvons prier avec confiance pour ceux qui nous ont quittés. Écoutons donc Dieu, jetons en lui tous nos espoirs et toutes nos angoisses, afin que lui-même nous donne la bienheureuse certitude spirituelle, plus forte que toute preuve humaine, que nos défunts sont vivants pour lui et qu’il les ressuscitera au dernier jour.