Dimanche 14 novembre 2010 - 33e dimanche C

Président ou premier ministre, ou À quoi sert un chef ?

Malachie 3,19-20a - Psaume 97,5-9 - 2 Thessaloniciens 3,7-12 - Luc 21,5-19
dimanche 14 novembre 2010.
 

À quoi sert un chef ? Votre réponse spontanée est probablement de l’un ou l’autre type : gouverner ou présider. Gouverner est le premier degré : guider, conduire, diriger, commander... Présider est le second : régner, juger, représenter... Mais le troisième type, auquel on ne pense pas bien qu’il soit peut-être le plus important, c’est rassurer.

Le chef, par sa seule présence, rassure dans la tourmente. Il fait face : tous tiennent bon ; il tombe : c’est la débandade. C’est pourquoi il est écrit : « Je frapperai le berger et les brebis seront dispersées. » Pour éviter toute imposture, Jésus dit d’abord aujourd’hui : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer ». C’est lui qui est là maintenant pour nous dire : « Ne vous effrayez pas ! » Quiconque vient sous son nom et dit : « C’est moi » au lieu de : « C’est lui » est un imposteur : fuyez-le avec horreur.

Par là, danger pour rien, ne vous aventurez pas. Par ici, c’est dangereux aussi, mais il faut y aller parce que c’est important : allez-y, courage, j’assure, je vous couvre. « Ce sera pour vous l’occasion de rendre témoignage... moi-même je vous inspirerai un langage et une sagesse invincibles. »

Il faut écouter ces paroles du Seigneur avant que cela ne se produise, frères, sinon comment tiendrons-nous dans l’épreuve ? Tandis que si nous l’avons cru auparavant, lorsque le pire arrivera nous nous souviendrons qu’il l’avait prédit et nous croirons en ce qu’il a promis. Mais Dieu fasse que le pire ne nous arrive pas !

D’ailleurs, sa parole d’aujourd’hui nous est nécessaire aussi, à nous à qui le pire est épargné. Le poids ordinaire de la vie n’est-il pas déjà trop lourd pour beaucoup d’entre nous ? Combien souffrent et soupirent dans les petits tracas d’une existence pourtant privilégiée au regard de ce qui arrive à d’autres chez nous et dans le monde. Du coup, s’ajoute à leur inquiétude habituelle la mauvaise conscience à l’égard des plus malheureux qu’eux et l’angoisse que cela pourrait devenir pire pour eux.

Or, le Christ ne veut accabler personne. Au contraire, il vient rassurer aussi celui qui déprime et s’en veut de déprimer pour rien. Qu’il le sache, celui-là, son courage de vivre quotidien répond à l’invitation du Seigneur à la persévérance. Vivre, simplement, même tout petitement, c’est déjà tenir son poste dans le grand combat contre l’ennemi de tout. Vivre maintenant, alors même que la vie me paraît mauvaise à cause de celui qui défigure tout, c’est déjà m’ouvrir à la vie radieuse que promet le Seigneur et qu’il vient donner à la fin.

Si Dieu nous a donné son Fils comme chef de notre foi, c’est afin qu’il nous conduise et nous rassure sur tous nos chemins, jusqu’au jour où il viendra régner dans la gloire.