Dimanche 2 janvier 2011 - Épiphanie du Seigneur - Entrée en catéchuménat d’une adulte

Cherche !

Isaïe 60,1-6 - Psaume 71,1-2.7-8.10-13 - Éphésiens 3,2-3.5-6 - Matthieu 2,1-12
dimanche 2 janvier 2011.
 

Tout vivant vibre à cette injonction. Qui ne cherche plus consent déjà à la mort. Aux tout-petits l’on se plaît à jouer la litanie charmante du visage : ici le nez, là la bouche, les yeux, les oreilles. De tous ses sens en effet il aspire à connaître ce qui est au monde. Parfois, après la tête viennent aussi les mains et les pieds. Et, pourquoi pas ?, ajoutons le front, façade de la pensée, et le cœur qui, bien qu’invisible sous la poitrine, ne passe pas pour le moins essentiel.

Les “chercheurs”, ainsi qu’ils se nomment, travaillent surtout du chapeau et se plaisent au ciel des idées. Ce qu’ils trouvent se prête souvent à toutes sortes d’applications. Mais tout un chacun cherche au quotidien idées et solutions pour la vie courante comme pour les grandes occasions. Ainsi s’opposent souvent intellectuels et esprits pratiques.

Assurément les mages comptaient parmi les intellectuels de leur temps. Forts savants astronomes, ils n’en devaient pas moins exercer leur sagesse en toute matière à la demande du souverain ou des puissants du royaume. Mais d’où vient que ces sommités s’intéressent au « roi des juifs qui vient de naître » au point de quitter le confort de leur position pour s’engager dans le long voyage de Jérusalem afin d’aller « se prosterner devant lui » ? “L’Orient” d’où l’évangile nous dit qu’ils sortaient signifie bibliquement la Mésopotamie et la Perse jusqu’aux confins de leurs empires historiques. Or, si Jérusalem était connue de Babylone, comme dit le Psaume 86, c’était à cause du terrible exil qui frappa le peuple au temps de Nabuchodonosor. Pourtant, de ces maux épouvantables qui meurtrissaient son peuple aimé, Dieu fit sortir un grand bien selon son dessein : c’est ainsi, en effet, qu’il fit connaître son nom aux nations jusqu’aux extrémités de la terre. Manifestement, ces mages d’Orient furent instruits dans la tradition des Écritures saintes assez pour recevoir d’Israël la grande espérance de la venue du Messie, roi de justice et de paix pour l’univers entier. Ils connaissaient sans doute la prophétie de l’étoile au livre des Nombres, ils savaient aussi que le chemin passait par la cité de David, mais, pour l’oracle de Michée qui désigne Bethléem, il leur fallait encore l’aide des scribes de Jérusalem.

Tous les hommes, mes amis, cherchent Dieu, même s’ils ne le nomment pas, tant qu’ils désirent l’amour et la vérité, la justice et la paix. Mais si Dieu ne les avait cherchés le premier, ils ne pourraient le trouver. Nous ne pouvons en effet chercher que ce que nous avons déjà un peu trouvé, comme le tout-petit n’accède pas à la pensée et à l’action sans recevoir d’abord à flot tout ce qui vient à lui par tous ses sens. Parce que Dieu nous a trouvés en son Fils fait homme, nous pouvons désormais le chercher. Seule l’écoute de la Parole, l’étude des Écritures, nous donne à connaître le mystère révélé en ces temps qui sont les derniers. Mais, qui ne met pas la Parole en pratique est comme un semeur de vent. Et rien ne sert de connaître, d’aller et de faire, si le désir ne brûle pas le cœur de l’homme de la rencontre où il se prosterne devant ce Dieu qui le relève et le serre sur son cœur de Dieu.

Or, l’ennemi ne veut pas de ce face-à-face où l’homme se retrouve lui-même en trouvant Dieu. Celui qui nous a séparés ne cesse de dresser ses embûches sur notre chemin vers le rétablissement de l’Alliance. Voilà pourquoi nous devons veiller sur la flamme que le Père, lui qui désire chacun de nous comme l’enfant très chéri qu’il voit d’avance en tout pécheur, a allumée dans votre cœur, Anne. Voilà pourquoi nous ne pouvons réussir dans cette quête, pourtant absolument personnelle à chacun, sans le secours de tous, sans la communion des saints, sans l’Église. Nous devons faire concourir tous nos talents, intellectuels ou pratiques, toutes nos énergies et toutes les grâces reçues par chacun à la réussite de la quête de Dieu, lui qui cherche des adorateurs en esprit et en vérité.

À ma question sur ce que vous demandiez à l’Église, Anne, vous avez répondu « la foi ». Tel est le signe que Dieu a mis en vous un début de foi, et que vous avez réalisé par sa grâce un début de cette conversion de la vie qui confirme et accomplit la foi. Ne laissez pas éteindre en vous, Anne - et que tous ceux qui vous accompagnent y veillent -, le désir de vous unir à celui qui est mort pour que nous vivions. Faisons grandir en vous, et en nous aussi, le désir de l’Esprit que Dieu donne à ceux qui croient en son Fils et qu’il répandra en vous lors de votre baptême et de votre confirmation en la nuit de Pâques. Que le Seigneur attise en ses disciples le désir de se nourrir de son corps et de son sang dans la communion qui nous rassemble et qui accomplira en vous en cette même nuit, Anne, l’incorporation à son Église.

Que chacun prenne bien garde à ses responsabilités, qui sont graves. Mais que personne ne perde confiance, car celui qui nous a dit de le chercher a envoyé son Fils s’unir à notre humanité : il est plus fort que tout, celui qui nous a cherchés le premier en faisant de son Fils un tout petit enfant, et personne ne peut rien arracher de sa main.