Dimanche 6 février 2011 - Cinquième dimanche Année A - Célébration du sacrement de l’Onction des malades

Avec de vrais éclats de Dieu !

Isaïe 58,7-10 - Psaume 111,1a.4-5a.6-8a.9 - 1 Corinthiens 2,1-5 - Matthieu 5,13-16
dimanche 6 février 2011.
 

Avec de vrais éclats de caramel, de noisettes ou de chocolat, on voit bien ce que c’est et comment cela fait envie. Mais si c’est de Dieu, de quoi s’agit-il ? Peut-être de la fameuse « étincelle divine » qui serait en chacun ? La réalité est à la fois moindre et bien plus grande que cette histoire de flammèche individuelle.

Moindre, parce que personne de nous ne « renferme » Dieu, même un tout petit peu. Certes, nous avons été créés à son image, et cela se voit bien quand un visage ou un corps, une voix ou une œuvre, un geste ou un regard nous saisissent et nous bouleversent par ce qu’ils laissent transparaître de la grandeur et de la beauté de notre être humain. Mais cette image fut terriblement abîmée par un ennemi, et cela ne se voit que trop quand la souffrance la défigure et que la mort la décompose. Ou, pire encore, quand la haine ou la peur la couvre de hideur, ou bien quand l’indifférence glacée à la peine d’autrui y éteint toute humanité.

Mais, d’un autre côté, la possibilité pour l’homme de rayonner Dieu est sans commune mesure avec ce qu’évoque une étincelle. Quand Jésus dit à ses disciples « Vous êtes la lumière du monde », il leur promet et leur demande bien plus. Lui-même, évidemment, est ce qu’il dit : Dieu fait homme, il est apparu à trois Apôtres dans sa gloire de « Lumière née de la Lumière » au moment de marcher jusqu’à la croix et pour que l’heure des ténèbres ne submerge pas leur foi tout à fait. Mais, au-delà de cet événement unique concédé aux disciples privilégiés comme prémices de sa résurrection, le Seigneur a fait briller sur la terre et dans l’histoire des hommes l’amour qui demeure éternellement dans les cieux.

Cet amour n’est pas seulement celui dont l’homme demeure capable en général et dont il éprouve toujours la soif et la vocation, car là se trouve la persistance de l’empreinte de Dieu sur sa création malgré le péché qui l’a blessée. En effet, depuis que l’homme a écouté le serpent plutôt que le Père, la peur et la convoitise le maintiennent sous la malédiction de l’égoïsme et de l’orgueil. L’homme reste attaché à lui-même et sa volonté d’être tout le maintient dans la prison du soi où il demeure coupé de l’autre. L’Amour que nous avions perdu et dont seulement le souvenir restait un peu vivant en nous s’est donc manifesté pour notre délivrance. L’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur s’est révélé comme celui qui va jusqu’à l’anéantissement de soi-même pour la vie de l’aimé. Seul cet homme qui est Dieu en était capable, lui en qui tout a été fait. Mais par l’effusion de l’Esprit Saint, à tous ceux qui l’ont reçu, à tous ceux qui croient en son nom, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, c’est-à-dire de vivre comme lui l’amour jusqu’au renoncement suprême à sa propre vie.

C’est pourquoi l’Église dispose d’un sacrement particulier pour ceux de ses membres qu’éprouvent la maladie, la souffrance et la mort imminente. Cette Onction des malades est ordonnée de façon éminente au pardon des péchés parce que seule la purification de l’âme nous dispose à communier à la passion du Seigneur de manière à participer à son sacrifice qui sauve le monde. Et la puissance de sa résurrection se manifeste en ceux qui la reçoivent, parfois par la guérison ou la rémission, mais toujours par l’apaisement dans la certitude de l’amour rédempteur de Dieu.

Ainsi, frères bien-aimés, les disciples de Jésus Christ font naître au monde de vrais éclats de Dieu. Il ne s’agit pas de briller pour soi-même aux yeux des hommes, mais de renvoyer en toute humilité à celui qui demeure l’éternelle lumière. Les saints, par leur conduite habituelle tout imprégnée de la foi et féconde en œuvres de charité, sont autant de « Christs » manifestés aujourd’hui sur notre terre.

Ce n’est pas autrement que nous accomplissons aussi la parole sur le sel. Mais cette dernière insiste sur la nécessaire humilité de notre attitude pour qu’elle soit un témoignage authentique. Force actions miraculeuses et démonstrations de science profonde ou de foi dure comme fer ne font que vent et bruit si elles ne sont « salées » à l’esprit de sacrifice du Christ qui donne le goût de Dieu à toute chose.

Qu’aucun de nous ne cherche donc un chemin personnel pour briller tout seul ou pour donner aux autres le goût de lui-même. Soyons plutôt participants et coresponsables de ce qui se vit dans la paroisse et dans le diocèse. Servons ensemble l’Église dans l’humilité et l’abnégation afin qu’elle serve le monde et lui « fasse envie » en y semant des éclats de Dieu.