Dimanche 3 mars 2011 - Neuvième dimanche Année A - Assemblée paroissiale - Baptême d’un enfant adopté

Présentez-vous à l’accueil !

Deutéronome 11,18.26-28 - Psaume 30,3-4.17.20.24-25 - Romains 3,21-25a.28 - Matthieu 7,21-27
dimanche 6 mars 2011.
 

Se présenter à l’accueil, si vous êtes de la maison, ce n’est pas une obligation. Mais pour le visiteur ou le nouveau, il ne faudrait pas qu’il entre comme dans un moulin.

Ainsi, tout être humain entre dans le monde accueilli par une femme. C’est par elle que l’enfant franchit la porte d’entrée de l’humanité. La femme est la première maison de l’homme, elle le met au monde, mais encore faut-il qu’il soit accueilli dans une famille.

Nous trouvons tout naturel que l’enfant se laisse accueillir. La preuve, c’est que nous sommes surpris quand il fait des difficultés. Nous comprenons bien alors que ce n’est pas sans raisons. L’enfant est naturellement disposé à se laisser accueillir, mais s’il a été mal reçu une première fois, il faudra l’apprivoiser de nouveau, et cela prendra du temps pour que cette blessure se referme et guérisse en profondeur.

Pour les parents, cet accueil rendu plus difficile paraîtra parfois crucifiant. Mais qu’ils ne perdent jamais espoir : qu’ils gardent toujours confiance en la capacité de l’enfant à se laisser accueillir, car elle est merveilleuse.

Au fait, dans l’Église, où est l’accueil, le savez-vous bien ? L’accueil est là, au baptistère. C’est sur les fonts baptismaux que tout homme doit renaître d’En Haut à la vie nouvelle d’enfant de Dieu. C’est l’Église qui l’accueille : d’abord comme une mère porte un bébé, au temps du catéchuménat, puis comme elle enfante, au jour du baptême, enfin comme elle le reçoit en famille, car l’Église est la famille de Dieu.

De quelle maison croyez-vous que Jésus parle dans l’évangile d’aujourd’hui ? Des bâtiments de pierre ou des entreprises commerciales que les hommes aiment ériger à leur propre gloire ? Des institutions et des dictatures qui peuvent toujours s’inquiéter d’être un jour renversées ? Non, Jésus parle de nous ; de la communauté des disciples rassemblés autour de lui dans la communion de l’Esprit Saint. Si nous écoutons la parole de Dieu et la mettons en pratique, nous sommes la maison solide où tout enfant des hommes peut être accueilli en Dieu, comme Michka aujourd’hui. C’est merveilleux, n’est-ce pas, d’être l’Église ? Quel bonheur que ce pouvoir d’accueillir et de donner la vie, la vie éternelle, la vie même de Dieu !

Mais attention au syndrome de Marthe qui se prend pour la patronne du Seigneur. Il ne faudrait pas, en effet, nous enivrer de notre puissance au point d’oublier que nous sommes toujours d’abord accueillis nous-mêmes gratuitement comme des enfants adoptés par amour. Aujourd’hui, dans le baptême de Michka chacun de nous est rappelé à la grâce de son baptême. Tous, nous nous présentons avec lui à l’accueil. Car c’est Dieu qui nous accueille et nous adopte, avec miséricorde et par amour, en son Fils bien-aimé Jésus Christ.

Quand Moïse dit à Israël : « Aujourd’hui je vous donne le choix entre deux voies », il ne s’agit pas au fond de législation, mais d’accepter le choix de Dieu ou non, de se laisser accueillir par lui ou de le refuser. Chaque fois que nous nous égarons sur des sentiers de traverse, nous abandonnons l’Alliance de vie qui conduit au bonheur, nous nous laissons conduire par des choix de malheur qui vont à la mort. Quand cela arrive, ne perdons pas confiance, présentons-nous de nouveau à l’accueil, comme au jour de notre baptême, laissons-nous accueillir par la grâce de Jésus qui a offert sa vie en sacrifice pour le pardon de nos péchés.

La foi qui fait vivre, c’est celle de Marie qui accueille le Royaume comme un enfant. Elle qui n’a pas besoin de pardon pour ses péchés puisqu’elle est toute sainte, elle revient pourtant à chaque instant se mettre aux pieds du Seigneur, son propre Fils, pour recevoir de tout son cœur sa parole. C’est l’humilité de la Vierge qui lui permet d’accepter et d’accomplir sa prodigieuse mission de mère de Dieu et des hommes pour la vie éternelle.

Michka, aujourd’hui l’Église t’accueille dans la famille de Dieu, et toi, en te laissant accueillir, tu lui donne le suprême exemple du Seigneur lui-même. En te présentant à lui, c’est lui que nous accueillons. Et nous proclamons avec joie notre foi en lui demandant de nous garder fidèles, afin que nous puissions répondre présent au jour où il nous accueillera dans la maison du Père, tous rassemblés dans la liberté des enfants de Dieu pour notre bonheur éternel.