Dimanche 13 mars 2011 - Premier dimanche de Carême Année A - Scrutin pour les enfants du catéchisme qui se préparent au baptême - Fiançailles de Louis et Léo

Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu as quelque chose contre moi ? Les amoureux débutants n’osent pas se poser cette question.

Genèse 2,7-9 et 3,1-7 - Psaume 50,3-6.12-14.17 - Romains 5,12-19 - Matthieu 4,1-11
dimanche 13 mars 2011.
 

Ils préfèrent se régaler de « Merci mon amour » ou « Que tu es adorable ! », et compter que ce qui ne va pas s’arrangera tout seul. Chacun s’abstient de se plaindre à l’autre de peur de perdre son amour, ou bien de devoir s’avouer qu’il n’est pas l’idéal rêvé. Or, croyez-moi, mes amis, plus ils prétendent qu’il n’y a aucun problème, plus il faut les avertir que ça commence mal !

Regardez le commencement de Jésus, le prélude à sa vie publique : ce sont le jeûne et les tentations au désert. Il est éprouvé dans trois registres fondamentaux : le pain quotidien, la sécurité et l’épanouissement de soi. Ce sont les obligations traditionnelles de l’homme à l’égard de la femme : lui assurer le gîte et le couvert, et la satisfaction de sa féminité. De même, les parents doivent aux enfants de les nourrir, de les protéger et de les éduquer.

Jésus n’est-il pas en droit d’attendre cela de son Père ? Or, le voilà éprouvé par la faim, bientôt en butte à des ennemis qui voudront sa mort, et exposé à de grandes déceptions dans les résultats de sa prédication au peuple. Dans les trois registres fondamentaux, il est tenté de reprocher à son Père de manquer à ses devoirs envers lui. L’évangile d’aujourd’hui nous dit que le dialogue à ce sujet fut réel entre Père et Fils, et que ce ne fut pas sans combat intérieur que les ombres se dissipèrent.

Le combat spirituel continue aujourd’hui pour l’Église en dialogue avec son Seigneur dont elle est la fiancée. Le carême est un temps fort de ce dialogue. Sans cesse, le Christ se penche vers l’âme qu’il aime et lui demande : « Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu as quelque chose contre moi ? » Car, plein d’attention, il ne manque pas de remarquer une ombre sur le visage aimé et de se pencher vers lui pour interroger ses pensées. En effet, chaque âme fidèle est comme une fiancée du Christ. Or, cette sollicitude est le b.a.-ba de la préparation au mariage, de l’affection qui s’empresse de dialoguer pour partager les peines ou dissiper les mésententes.

Comprenez bien cela, mes enfants : vous êtes comme des fiancés qui se préparent au mariage ! En effet, vous vous préparez à recevoir le baptême dans quelques mois, or, le baptême est une alliance définitive avec Dieu. Une alliance exclusive : vous n’aurez pas d’autre Dieu que le Dieu de Jésus Christ. Une alliance pour la vie, et même pour la vie éternelle. Une alliance féconde : dans votre vie de baptisés, l’Esprit Saint fera jaillir en vous beaucoup de bien, une source jaillissante de grâce pour vous et pour les autres. N’attendez donc pas pour dire au Seigneur ce qui ne va pas ! Ne faites pas semblant d’être d’accord avec tout ce que vous avez entendu de l’évangile : il y a tant de choses que vous ne comprenez pas, ou mal, tant de points sur lesquels vous pouvez penser que c’est trop dur, tant de sentiments ou de gestes dans votre vie dont vous savez bien que Jésus ne les aime pas !

Dites-lui donc en quoi vous êtes mécontents : même si vous avez tort de l’être - et c’est probable ! iI y a des jalousies, des réactions d’amour propre, des prétentions injustifiées... - il vous écoutera avec affection. Il a toujours la délicatesse de tenir compte du chagrin de ceux qu’il aime, même si c’est de leur faute. Et puis il faut chercher avec lui des remèdes, sans vouloir tout régler une fois pour toutes, mais en faisant ce qu’on peut en attendant mieux, dans l’espérance que les choses s’améliorent encore à l’avenir, si l’on continue à chercher ensemble des solutions.

Tel est le paradoxe des fiançailles comme du catéchuménat : ce temps de travail de préparation, avec ce qu’il a de rude et sans concessions, se dynamise de la joie promise. C’est vrai aussi pour tous les fidèles qui s’offrent généreusement à l’œuvre de purification du carême : la joie de Pâques qui se profile à l’horizon des quarante jours est déjà présente sur le chemin ; elle nous soutient, nous pousse et nous attire en tous nos efforts d’ascèse, de prière et de partage.

Bien sûr les tentations sont multiples et les difficultés innombrables, depuis que l’homme et la femme ont désobéi à Dieu au jardin. Mais le Christ les a toutes vaincues au désert, vous l’avez entendu, et c’était pour que nous puissions les surmonter toutes avec la force qui vient de lui.

Oui, le Christ Jésus est le plus fort, plus fort que tout mal : si vous le croyez, vous les amoureux débutants de Dieu et des hommes à cause de Dieu, si vous le laissez vous aider, alors confiance, ça va aller !