24 avril 2011 - Jour de Pâques - La Résurrection du Seigneur

Assez de paroles, des actes !

Actes 10,34.37-43 - Psaume 117,1-4,16-17,22-23 - 1 Corinthiens 5,6-8 - Jean 20,1-9
dimanche 24 avril 2011.
 

Cette injonction s’adresse en général à qui vous fait patienter depuis trop longtemps en vous berçant de mots rassurants mais sans que vous voyiez venir rien de concret. Eh bien désormais personne ne peut plus adresser un tel reproche à Dieu, car il a ressuscité Jésus. Or, toutes les promesses de Dieu trouvent leur oui en Jésus Christ (2 Corinthiens 1,20).

En effet, la résurrection de Jésus signe un certain passage radical de la parole aux actes. Dans notre évangile, un détail semble avoir une particulière importance pour le disciple dont il est dit : « Il vit et il crut », c’est le « linge qui avait recouvert la tête... roulé à part à sa place ». Littéralement, il s’agit du « suaire qui était sur sa tête... à part, enroulé dans un seul lieu ». Or, plusieurs indices donnent à penser que ce linge peut symboliser les Écritures.

Il est « enroulé » comme l’étaient les livres à l’époque. Il « était sur sa tête », comme le voile dont se couvrait Moïse, rayonnant après avoir rencontré le Seigneur sur la montagne, pour communiquer au peuple les paroles divines. Ce voile, ce sont les Écritures qui, à la fois, révèlent et voilent Dieu. Le linge est mis « à part » tout enroulé, comme on range un livre sur son rayonnage après l’avoir lu. Justement l’évangéliste ponctue le fameux « Il vit et il crut » de la remarque : « Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ». Enfin, la première conclusion de l’évangile de Jean précise que les signes qui y ont été mis par écrit l’ont été « afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom ».

En somme, le lecteur de l’évangile est invité à faire comme le disciple au tombeau : constatant que les Écritures sont accomplies en la personne de Jésus ressuscité, il ne lui reste plus qu’à vivre une existence croyante. Celui qui a confessé la foi de l’Église, avec les mots de la tradition, qu’il passe aux actes aujourd’hui ! En ce sens, nous pouvons trouver heureux et significatif que, dans nos Bibles, les Actes des Apôtres succèdent immédiatement à l’évangile selon saint Jean.

Dans la foi et le baptême, nous sommes déjà ressuscités dans le Christ et nous pouvons transformer avec lui ce monde en souffrance. Comme l’écrit le cardinal Vingt-Trois dans son message pascal : « Tous, nous faisons l’expérience de la division, de la médisance, du mépris ou de la violence, dans nos quartiers, sur nos lieux de travail et, de manière plus douloureuse encore, dans nos familles. Devant cette lèpre qui ronge la vie des hommes, Dieu ne désespère pas et ne reste pas inactif. » Nous non plus, nous ne devons ni désespérer, ni rester inactifs.

Que la parole du salut, « le Christ est ressuscité », nous relance dans la vie et le goût de la vie. Que le Jour du Seigneur ne soit pas une fin de semaine où l’on s’épuise en loisirs obligés pour oublier la vie de tous les jours, mais plutôt le premier jour où s’amorcent les projets les plus prometteurs.

Saint Paul nous exhorte à troquer les vieux ferments de la perversité et du vice contre les beaux motifs de la droiture et de la vérité. En effet, le ferment est ce qui mobilise et fait gonfler la pâte. Ainsi, nos passions ordinaires nous motivent au point que nous sommes parfois inquiets ne plus trouver d’intérêt à la vie si nous devons abandonner nos anciens centres d’intérêt plus ou moins vicieux. Mais faisons confiance à l’Esprit du Ressuscité pour nous mettre en action passionnément au service des plus hautes valeurs, telles que la justice, la paix et la fraternité entre tous.

Nous qui avons reçu des Apôtres la Parole, poursuivons leur œuvre, continuons leurs Actes, pour la gloire de Dieu et le salut du monde !