Dimanche 22 mai 2011 - Cinquième dimanche de Pâques - Baptême de cinq adolescents et profession de foi de Quentin - Bénédiction nuptiale de Philippe et Anne (baptisée à Pâques)

« Enfin ça marche ! » Quel plaisir, quand ça finit par marcher.

Actes 6,1-7 - Psaume 32,1-5.18-19 - 1 Pierre 2,4-9 - Jean 14,1-12
dimanche 22 mai 2011.
 

Vous savez comme la publicité et les notices vous promettent monts et merveilles, mais les déceptions sont nombreuses. Lorsque après bien des essais infructueux et la tentation de renoncer la réussite couronne la persévérance, c’est la joie.

Jésus marche, lui, c’est sûr. Familiers de l’évangile, vous le connaissez bien : il ne cesse d’aller sur les chemins de Galilée, de Samarie et de Judée, ou des territoires environnants. En sorte qu’avec autant de poésie que de profondeur, Christian Bobin l’appelle même « l’homme qui marche ».

Il est celui qui marche et, aujourd’hui, il nous dit qu’il est aussi le chemin. De même, dimanche dernier, lui qui est le berger se disait encore la porte des brebis. Vous avez entendu : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Les exégètes s’accordent à reconnaître qu’il s’agit d’un sémitisme : il nous faut comprendre qu’il se désigne comme « le chemin de vérité qui conduit à la vie ».

La vie est belle, la vie est bonne ! L’Église ne cesse de le dire. Elle bénit. Bénir, c’est dire : « Votre vie est belle, elle est bonne ; que votre vie soit belle et bonne ! » Et bénir Dieu, c’est reconnaître qu’il est le Vivant et la source de tout ce qui est beau et bon.

Mais elle nous exhorte aussi, de la part du Seigneur, à la pauvreté, à la chasteté et à l’obéissance ; et même au sacrifice. Or, la belle vie n’est-elle pas richesse, jouissance et liberté de faire ce qu’on veut ? Ainsi l’Église ne serait-elle pas suspecte de tenir un double langage ? Au contraire. Le monde promet les roses sans les épines. Il nous invite à sacrifier à l’ambition, à la convoitise et au plaisir sans frein, prétendant ainsi conduire au bonheur. Mais vous voyez le résultat : quel gâchis, quelle tristesse !

À l’inverse l’Église s’abstient de toute publicité mensongère. Car la vérité, qu’elle annonce, est que le bonheur ne s’obtient pas sans lutter contre le pervertisseur. La perversion, au sens propre, c’est la déviation du chemin : celui qui se laisse tenter croit filer droit vers la satisfaction de son désir, et il ne cesse de s’écarter de lui-même et de l’autre, jusqu’à la défaite ultime.

Le chemin, le vrai, passe par la croix. Elle semble une impasse, mais elle est la porte de la vie et du bonheur. C’est le sens des béatitudes : « Heureux, vous, les pauvres », dit Jésus. Et Chouraqui traduit : « En marche ! »

Richesse, domination et liberté sont choses bonnes, elles viennent de Dieu. Mais pour qu’elles ne se pervertissent pas en idoles tyranniques, il n’est d’autre chemin que d’y renoncer pour mieux les recevoir de la main de Dieu, dans l’action de grâce. Vous qui allez confesser la foi du baptême, vous prenez le chemin de celui à qui appartiennent le règne, la puissance et la gloire, et qui a renoncé à tout par amour pour vous. Tout lui a été rendu dans sa résurrection afin de vous combler de tout, dans le monde à venir et déjà dans celui-ci.

Ne vous laissez donc pas arrêter dans votre marche à la suite du Christ par les prestiges de ce monde. Ne soyez pas incrédules, mais croyants. Croyez au Fils de Dieu venu dans la chair. Croyez que vous trouverez dans sa croix, qui semble une impasse, le passage vers son bonheur qui n’a pas de fin.