Dimanche 12 juin 2011 - Pentecôte A - Baptême de deux petits enfants : Léopold et Maëlys

La meilleure filière pour ta vie !

Actes 2,1-11 - Psaume 103,1.24.29-31.34 - 1 Corinthiens 12,3b-7.12-13 - Jean 20,19-23
dimanche 12 juin 2011.
 

Époque du Bac et autres examens, et des concours, ceux qui les passent en sont anxieux, mais leurs parents aussi, eux qui se préoccupent de leur avenir depuis longtemps. Vous n’en êtes pas là pour Léopold et Maëlys, pourtant vous préparez leur vie.

En demandant le baptême pour eux, vous avez choisi la filière Esprit Saint. En effet, ce n’est pas un acte isolé, destiné à leur donner une sorte de plus en passant, mais l’entrée dans une existence dont il faudra suivre le fil jusqu’au bout. Disciples du Christ, nous suivons son enseignement et nous entrons dans sa carrière pour la vie entière : on ne prend pas sa retraite de chrétien.

Il n’est pas de filière plus polyvalente, plus ouverte que celle-là. Les parents avisés se gardent d’enfermer leurs enfants dans un programme écrit à l’avance ; le pire, souvent, serait qu’un tel projet se réalise ! A fortiori le projet de Dieu pour ses enfants se découvre au fil de la vie, d’une façon souvent inattendue, avec des tournants déroutants. Il résulte des occasions qui s’offrent à tous les âges et de la liberté de celui qui peut y consentir ou les refuser. Mais Dieu ne se laisse pas vaincre en liberté : il n’a pas qu’un projet pour nous et ne se laisse enfermer dans aucun refus de notre part.

Ainsi, la vocation de tout chrétien est la sainteté. Mais pensez-vous que nous puissions en décider d’avance, nous fixer les objectifs à atteindre et puis nous mettre en devoir de réaliser nos plans ? Le pire, parfois, serait que cela réussisse ! Dieu est bien plus puissant que nous, il sanctifie les saints souvent presque à leur insu. Le saint Curé d’Ars, par exemple, s’est préoccupé toute sa vie de ses péchés et rêvait de « fuguer » de sa paroisse où l’Esprit Saint lui faisait accomplir de grandes merveilles. Deux fois, même, il est parti et s’est fait rattraper de justesse. Combien de saints canonisés ont vécu jusqu’au bout avec leurs gros défauts, qu’ils auraient voulu par-dessus tout éradiquer de leur personnalité, mais que Dieu a supportés tout en sanctifiant ses aimés.

Faites donc confiance à l’Esprit Saint pour vos enfants comme pour vous-mêmes, ne cherchez pas à le mettre en programme plus qu’il ne vous est prescrit par l’Église. Certes, il nous faut faire certaines demandes déterminées : le pain quotidien, le pardon de nos péchés, la protection contre le mal, le salut en toutes choses... mais nous devons demander par-dessus tout nous ne savons pas quoi : l’Esprit Saint et ce qu’il voudra ! Nous devons le demander toujours tournés vers Jésus, car c’est lui qui le souffle sur ses Apôtres au soir de Pâques, comme nous l’avons entendu dans l’évangile. Vers Jésus crucifié, vers Jésus ressuscité, vers le maître de belles connaissances et le thaumaturge merveilleux, vers le Fils, surtout, disponible en tout à la volonté de son Père. Il nous revient essentiellement de ne pas empêcher le don de Dieu, puisque lui ne cesse de nous l’offrir, mais aussi de l’accueillir avec la même générosité qu’il met à nous le donner. Jamais notre appel ne sera vain, en quelques circonstances que nous le lancions vers le ciel, toujours Dieu réalisera en nous un des multiples états du Christ dans lesquels il veut nous établir.

Tout cela aurait de quoi nous inquiéter, peut-être, car l’incertitude de l’avenir nous angoisse. Mais nous devons nous réconforter par la certitude que le don de l’Esprit Saint est fondamentalement communautaire. Les deux premières lectures de ce jour l’attestent, chacune à sa manière. L’Esprit descend sur les disciples réunis, il est unique, celui qui se divise en d’innombrables langues de feu pour se poser sur chacun. Ce qu’il donne à l’un est pour tous, et chacun bénéficie de ce que tous les autres reçoivent.

C’est pourquoi il n’est pas si important parmi nous d’être premier, comme les hommes le pensent. Certes, il y a un premier, et un second et ainsi de suite, mais ce qui compte est de faire partie du corps. D’ailleurs, nous le savons en présence de celui qui a pris la place du dernier de tous, ce que Dieu donne au plus petit peut être le don le plus grand et le plus nécessaire. Enfin, quoi qu’il en soit, seul compte le Christ et d’être reçu en lui, en son corps, par la grâce du baptême en sa mort pour vivre de sa vie.

Oui, vous avez choisi la meilleure filière pour la vie de Maëlys et Léopold. L’onction du saint-chrême que vos enfants vont recevoir au sortir du baptême signifie le don de l’Esprit Saint qui les accompagnera à chaque instant de leur vie sur le chemin chrétien, comme la présence de Jésus Christ. L’Esprit est l’ami qui a toujours la solution pour tout, qui se met en quatre pour tous. Il peut faire beaucoup en chaque circonstance, d’ailleurs il a déjà fait beaucoup même pour ceux qui l’ignorent ! En ce jour de Pentecôte, demandons l’Esprit Saint au Père par le Fils, pour que la grâce du baptême soit donnée à Léopold et Maëlys, et qu’elle soit renouvelée en nous tous.

Et prenons l’engagement, en présence du Prince des vivants, de faire de l’appel à l’Esprit le fil conducteur de notre vie, jusqu’au jour de sa venue dans la gloire.