Dimanche 26 juin 2011 - Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Qui s’impose avec autant de force que de douceur ?

Deutéronome 8,2-3.14b-16a - Psaume 147,12-15.19-20 - 1 Corinthiens 10,16-17 - Jean 6,51-58
dimanche 26 juin 2011.
 

Qui s’impose avec autant de force que de douceur ?

Réponse : la vérité. En effet, c’est le concile Vatican II qui le dit. Dans le premier paragraphe de la déclaration sur la liberté religieuse (« Dignitatis humanae », « La dignité humaine »), nous pouvons lire : « la vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance. »

Force et douceur sont deux qualités difficiles à concilier. Elles peuvent sembler opposées, comme, tenez, la solennité et la familiarité. Eh bien le sacrement de l’Eucharistie, par excellence, réalise la conjonction de la plus grande solennité, puisque c’est Dieu lui-même qui se rend présent, et de la plus extrême familiarité, puisqu’il se donne à manger et à boire.

Les sportifs et les musiciens s’entraînent pour acquérir les qualités opposées qui leur sont nécessaires : force et maîtrise, puissance et précision, virtuosité et sensibilité, vigueur et toucher... Nous aussi nous devons faire des exercices pour mieux entrer dans le profond mystère de l’Eucharistie.

Il me semble qu’en un sens l’adoration eucharistique, ordonnée à la célébration de la messe, constitue un tel exercice pour renforcer notre sens de la solennité de la présence de Dieu au milieu de nous sous les espèces du pain et du vin. Par l’adoration, nous sommes entraînés à reconnaître la réalité de la présence divine voilée sous les apparences du pain et du vin.

Et quel pourrait être l’exercice complémentaire, tourné vers la perception plus affinée de la familiarité de ce don ? Peut-être le mouvement indiqué par le lavement des pieds : en suivant l’exemple du Seigneur, nous réalisons par nos actes de charité la merveilleuse proximité du Christ au plus pauvre des hommes pour qui il a donné sa vie sur la croix.

D’ailleurs, dans chaque cas la plénitude du mystère s’éprouve. Si nous entrons de tout notre cœur dans la charité divine en l’exerçant à l’égard du frère, nous découvrons combien nos actes sont ceux même de Dieu. Et si nous adorons ensemble, petit troupeau rassemblé par la miséricorde du Seigneur, nous vivons sa présence comme totalement vouée à notre humble famille paroissiale.

Ce que je vous dis, c’est la vérité, n’est-ce pas ? Vous le croyez parce que je n’ai rien inventé, mais seulement redonné ce que j’ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur. Aucun système conceptuel ne saurait remplacer le témoignage apostolique repris de génération en génération dans l’Église.

À l’instar de tous les chrétiens qui nous ont précédés, en regardant l’hostie consacrée nous croyons d’elle ce que nous ne voyons pas, parce que la vérité pénètre nos esprits avec autant de force que de douceur. Cette vérité est le Christ en personne, présent au milieu de nous pour nous donner la Vie.

Éditorial

BÉNI SOIT DIEU LA NUIT COMME LE JOUR

Béni soit Dieu qui m’a envoyé à vous ! Ces onze années passées à Notre-Dame de Clignancourt sous le signe bienheureux de l’Eucharistie dominicale ont blanchi mes cheveux et creusé les sillons de mes traits, mais mon cœur est plus neuf aujourd’hui que jamais, grâce à vous qui l’avez purifié.

J’ai servi, Dieu merci. Qu’il me pardonne tout ce qu’il sait avoir à me pardonner, et qu’il vous inspire de me pardonner vous aussi. Quant à moi, si vous m’avez fait quelque chose, je vous ai déjà pardonné, c’est mon « métier ». Et je ne le changerais pas pour tout l’or du monde.

Comment dirais-je les innombrables joies de mon ministère auprès des petits et des grands : plus nombreuses que le sable et plus précieuses que perles ou diamants. Et, croyez-le, de ce qu’il y eut de plus pénible ou de plus agaçant le souvenir est en moi aujourd’hui le plus drôle ou le plus émouvant.

Que d’amitié et de chamailleries, d’incompréhensions et de profonde communion. Nombreux sont ceux que j’ai reçus comme des anges envoyés pour me porter. Quant à ceux que j’ai pu trouver inopportuns, je le dis maintenant, ils n’étaient pas moins pour moi des visiteurs du Seigneur.

Je ne pourrais citer chacun ici, bien sûr, de ceux qu’égrène mon cœur en chapelet de bénédictions et d’actions de grâce. Mais je ne peux manquer d’évoquer tout spécialement mes frères prêtres avec qui j’ai partagé la collaboration au ministère apostolique. Et les diacres, bien sûr. Et les séminaristes.

Comment ne pas saluer également à pleine voix les autres frères chrétiens qui ont œuvré avec nous à la vigne du Seigneur, avec une ardeur et un dévouement qui forcèrent plus d’une fois ma reconnaissance et mon admiration, jusqu’à la confusion. Et que souvent ces frères furent des sœurs !

Je vous dis « Adieu ». Non que je pense que vous ne reverrez pas mon visage : j’espère bien que si ! Mais c’est ainsi qu’on se salue dans mon pays maternel, lové au creux des grands bras de l’océan et des montagnes. Et que j’aime l’un et les autres ! Alors, comme je vous aime aussi... Adieu mes amis !