Dimanche 3 juillet 2011 - Quatorzième dimanche A

Il faudrait mettre bon ordre à tout cela

Zacharie 9,9-10 - Psaume 144,1-2.8-11.13-14 - Romains 8,9.11-13 - Matthieu 11,25-30
dimanche 3 juillet 2011.
 

Il faudrait mettre bon ordre à tout cela. Vous êtes d’accord avec moi ? Sûrement. Mais à quoi pensez-vous ? Où sont les désordres, selon vous ? Je vous propose une liste : à chaque fois, vous cochez si vous trouvez que c’est la pagaille et un scandale, ou non.

1. La finance internationale. Et les financiers internationaux.

2. L’administration. Et les fonctionnaires. En particulier l’Éducation nationale.

3. L’utilisation des ressources naturelles. En particulier en matière d’énergie.

4. Les mœurs. En particulier en matière de morale sexuelle et familiale.

5. La société dans son ensemble.

6. Moi. Autrement dit, vous.

Peut-être qu’en regroupant vos réponses aux six questions il serait possible de dessiner votre profil politique : plutôt PS ou UMP, plutôt NPA ou FN, plutôt tradi ou prog...

Au fait, j’aurais pu ajouter un 7e article à ma liste : l’Église. Et même j’aurais pu dire :

7. Le monde. En particulier l’Église.

Et, là, ça devient intéressant de chercher les responsables. Parce que pour tout ce qui est plus ou moins politique, c’est simple, il suffit de désigner l’autre camp. Les autres sont nuls, menteurs, corrompus et complètement dans l’erreur. Nous c’est différent.

Mais pour le monde en général, qui est responsable, sinon Dieu ? Encore faut-il y croire, me direz-vous ? Même pas : ceux qui n’y croient pas disent que c’est justement parce que Dieu est responsable de tout ça qu’ils ne croient pas en lui ! Et il faut bien reconnaître que, nous qui y croyons, nous nous demandons parfois pourquoi il ne met pas bon ordre à tout ça. En particulier à moi. Autrement dit à vous.

Vous avez entendu Zacharie : « Pousse des cris de joie, Jérusalem, voici ton roi qui vient, il va faire disparaître les chars de guerre et proclamer la paix aux nations ! » C’est pas gagné, on dirait.

En effet, le combat continue. Aujourd’hui encore, Dieu y travaille. Mais ce n’est pas par le char de guerre qu’on fait disparaître les chars de guerre. Le roi « doux et humble de cœur », comme il se qualifie lui-même, celui dont Zacharie annonçait la venue pacifique, n’a pas choisi de combattre par les armes pour désarmer l’injustice du monde.

Mais si Jésus a épousé l’impuissance des pauvres et des petits jusqu’à se laisser clouer à la croix, ce n’est pas pour ne rien changer ! Ressuscité, il souffle l’Esprit Saint sur ses Apôtres pour que la dure loi de la chair ne soit plus invincible sur notre terre.

Mais cela commence par moi. Autrement dit par vous. Si vous ne croyez pas que vous pouvez tuer les désordres de l’homme pécheur en vous par l’Esprit, vous restez liés par la dette de la chair envers la chair, et vous ne voyez pas venir la joie que rien ne peut éteindre, ni en vous, ni dans le monde.

L’ espérance est une et indivisible, mes amis. Si nous ne l’avons pas pour nous-mêmes, nous ne pouvons que désespérer de tout. Toute notre science et toute notre sagesse ne serviront qu’à nourrir notre égoïsme, ou bien à dénoncer celui des autres. Mais si nous accueillons humblement la foi de l’Église, nous croyons que Dieu a eu pitié de notre misère, qu’il pardonne nos péchés et qu’il fait de nous les ouvriers d’un monde juste.

C’est ainsi qu’il met en tout l’ordre de l’amour, le seul ordre qui vaille, car rien n’est bon que l’amour.