Jeudi 21 mai 1998 - Ascension du Seigneur

Qu’est-ce qui va arriver ?

Actes 1,1-11 ; Hébreux 9,24-28 ; 10,19-23 ; Luc 24,46-53
jeudi 21 mai 1998.
 

Qu’est-ce qui va arriver ? "Comment va-t-on faire ? On va droit dans le mur !"

L’inquiétude est grande lorsque des changements s’annoncent, et qu’on ne voit pas bien comment on les affronter : examens, déménagements, mutations, départs. On est vite dans l’angoisse de manquer - manquer à réussir, manquer d’être à la hauteur, manquer d’avoir fait ce qu’on aurait dû faire.

Dans les moments difficiles, comme il est bon d’avoir quelqu’un pour vous tenir la main. Mais demain, quand le pire sera là, y aura-t-il quelqu’un pour me tenir la main ? Et si je me retrouvais tout seul ?

L’Ascension, qui est pourtant en principe une solennité joyeuse, a un peu de ce caractère inquiétant. Jésus est séparé des siens. A peine a-t-il commencé à se montrer ressuscité, à consoler ses disciples, à les affermir, que déjà il s’en va. Comment va-t-on vivre sans lui ? Tout peut arriver. Car il n’a pas dit que nous serions épargnés ; au contraire, il déclare que nous serons ses témoins, et "témoins", en grec c’est "martyrs" ! Allons-nous pouvoir affronter les épreuves qui nous attendent ?

C’est pourquoi le Seigneur déclare : "Vous allez recevoir une force d’en-haut. Attendez ce que mon Père a promis." Les disciples, qui se disaient : "Nous allons être seuls", peuvent se dire : "Mais non ! Nous ne serons pas seuls ! Car le Seigneur nous enverra l’Esprit qui nous rend capables de vaincre en toute circonstance. La promesse est sûre. Nous ne savons pas ce qui va arriver, mais nous savons que Dieu est fidèle. Il est le Dieu fort, le Dieu plein d’amour que nous avons connu. Dieu est le même, il sera le même demain. Il l’a promis : Je serai qui je suis."

Dans la deuxième lecture, l’apôtre dit, littéralement dans le grec : "Tenons la confession inflexible de l’espérance." Il s’agit, en pratique, de formuler l’espérance, de la confesser, de la professer, mentalement ou même à haute voix : alors, c’est comme si nous tenions la main de quelqu’un.

Il s’agit de prier avec ardeur, par exemple ainsi : "Oui, Seigneur, toi le Dieu qui as envoyé ton Fils au combat, poussé par l’Esprit au désert des tentations et jusqu’à l’autel de la croix, dans la souffrance et dans la mort, toi qui ne l’a pas abandonné, toi qui l’as ressuscité, c’est toi qui es maintenant là avec nous, avec moi, le même fidèlement."

Tenez la confession inflexible de l’espérance, tenez ainsi la main de Dieu, priez comme cela, ne l’oubliez pas. A cette prière, aussitôt, Celui qui est fidèle donnera l’Esprit, l’Esprit Saint.

Nous ne savons pas ce qui arriver, nous ne savons pas comment nous ferons, mais nous savons que l’Esprit de Jésus nous attend pour nous faire passer avec lui le mur de toute mort et nous établir dans sa vie.