Dimanche 21 août 2011 - Vingt-et-unième dimanche A

Jésus était-il une personne humaine ?

Isaïe 22,19-23 - Psaume 137,1-3.6-8 - Romains 11,33-36 - Matthieu 16,13-20
dimanche 21 août 2011.
 

Je peux vous poser une question ?

Non, je ne vais pas vous demander : « Pour vous, qui suis-je ? ».Ni même exactement « Pour vous, qui est Jésus ? », mais plutôt : « À votre avis, Jésus était-il une personne humaine ? » Vous répondez oui, n’est-ce pas ? Eh bien non.

Dieu est une seule nature, mais trois personnes : Père, Fils et Saint Esprit. La personne divine du Fils de Dieu a pris la nature humaine : Jésus est une seule personne, divine, mais a deux natures. Le pape nous explique très bien cela dans le deuxième tome de son « Jésus de Nazareth » en reprenant le dossier des conciles christologiques du quatrième siècle. Il précise que les Pères conciliaires ont alors prononcé une formulation qui dépassait ce qu’il pouvait en comprendre eux-mêmes à l’époque.

Nous croyons connaître Jésus, nous savons qu’il est Dieu et homme, vraiment. Mais si nous commençons à réfléchir pour mieux comprendre, nous nous apercevons que c’est bien difficile ! De même, Pierre fait une réponse remarquable, saluée par le Seigneur, et il a sûrement compris quelque chose : Jésus est le Messie, celui que Dieu avait promis à son peuple pour lui apporter la libération, la justice et la paix, et il est le Fils de Dieu. Mais pouvait-il appréhender tout ce que signifiait cette dernière formule ? Sans doute pas.

Jésus a emmené ses disciples à Césarée de Philippe : la ville que Philippe, le potentat local, avait construite en l’honneur de son suzerain César, l’empereur romain, dans ce site magnifique proche des sources du Jourdain et vieux sanctuaire païens. En somme, le groupe fait du tourisme ! Curieuse idée, non, de choisir ce lieu pour interroger les Apôtres sur son identité ? Il y aurait beaucoup à dire sur les raisons de ce choix, en tout cas cela nous montre qu’il faut savoir bouger pour mieux se poser les questions essentielles, plutôt que de rester dans sa chambre avec sa petite jugeote.

Les jeunes qui ont fait le déplacement de Madrid pour les JMJ n’y sont pas allés juste pour « voir le pape ». Ils ont répondu à l’invitation du Seigneur pour, avec le pape, apprendre à mieux connaître le Christ. Le pape lui-même leur donne l’exemple. À près de 80 ans, il s’apprêtait à prendre une retraite bien méritée, pieuse et studieuse évidemment. Mais le Seigneur lui a demandé un pas de plus dans son service. Il a accepté, et depuis, il connaît mieux Jésus. C’est pourquoi il a éprouvé le besoin d’écrire son livre qui continue à surprendre bien des commentateurs.

Alors, permettez-moi de vous poser une question : êtes-vous prêts à vous bouger et à vous rendre disponibles pour faire un pas de plus dans votre connaissance de Jésus et dans son service ? Les deux, en effet, sont liés : mieux on le connaît, plus il peut nous en demander, et plus on accepte ce qu’il nous demande, mieux on apprend à le connaître. Avançons donc ensemble sur ce chemin pour notre bonheur et pour le salut du monde : apprenons à mieux connaître, aimer et servir Jésus, jusqu’au jour où nous le verrons face à face dans la gloire du Père et la communion de l’Esprit Saint.