Dimanche 6 novembre 2011 - Trente-deuxième dimanche A

Qu’est-ce qui se prépare un an à l’avance ? Et neuf mois ? Et vingt ans ? Et toute la vie ?

Sagesse 6,12-16 - Psaume 62 - 1 Thessaloniciens 4,13-18 - Matthieu 25,1-13
dimanche 6 novembre 2011.
 

Le mariage est une affaire sérieuse qui mérite bien une année de préparation. Toute naissance est d’un enfant qui fut modelé pendant quarante semaines au sein de sa mère : grand mystère ! Quant au passage à la vie d’adulte de ce petit, il faut s’en occuper sans attendre en l’éduquant de toutes les manières utiles et bonnes pour son développement et sa réussite future. Mais qu’est-ce qui se prépare toute la vie sinon la vieillesse et la mort ? Eh bien la vie, justement, la vie éternelle. Voilà ce que nous dit l’évangile.

Cette huile qu’il faut prendre en réserve se prête à de nombreuses interprétations. Mais la tradition juive en faisait la métaphore des œuvres bonnes, c’est-à-dire de l’observance des préceptes de la Loi. Quant au nombre de dix personnes, c’était le minimum pour constituer une communauté priante en considération de laquelle Dieu retiendrait sa colère et prodiguerait ses bienfaits. Abraham, en effet, n’avait-il pas obtenu cette promesse pour la ville de Sodome où, hélas, il ne s’était même pas trouvé dix justes ?

Notre parabole vise donc l’Église, communauté priante établie pour constituer un peuple ardent à faire le bien. Les dix jeunes filles représentent les fidèles qui forment, ensemble, l’Église, l’épouse du Christ qui espère le jour des noces, la venue du Seigneur en gloire à la fin du monde. Veiller, c’est demeurer dans cette espérance qui soutient notre ardeur à prier et à mettre l’Évangile en pratique. Comme la fin du monde tarde, les disciples « s’endorment » tous, c’est-à-dire qu’ils meurent et sont inhumés dans l’attente de la résurrection finale, lorsque l’appel retentira pour les réveiller du sommeil de la mort. Mais que se passera-t-il alors pour les uns et les autres ?

La fin de notre parabole nous décrit un scénario plus que désagréable. Nous ne comprenons pas que les « sages » n’aient pas partagé avec les « folles » et que ces dernières se retrouvent dehors, durement réprouvées par l’époux. Cette perspective nous est insupportable, et nous avons raison. S’agit-il d’un concours où les places seraient chères ? Quels parents envisageraient tranquillement que la moitié de leurs enfants « aillent en enfer » ? Ou les conjoints qui se diraient : l’un de nous seulement sera sauvé, on verra bien lequel ? La pointe du propos de Jésus est de nous avertir sérieusement : c’est de nous maintenant qu’il dépend d’éviter une telle fin.

Les dix jeunes filles représentent ensemble l’Église, l’épouse du Christ, disions-nous. C’est aujourd’hui que nous devons prendre soin les uns des autres et nous exhorter mutuellement à accomplir le commandement de l’amour. En le faisant, nous l’accomplissons déjà : non seulement nous préparons notre vie éternelle à tous, mais nous la goûtons dès ce temps-ci. Veiller, c’est cela. C’est ne pas nous relâcher maintenant dans la prière et les efforts d’une vie de charité, si nous ne voulons pas gâcher l’œuvre de Dieu qui nous sauve en son Fils Jésus Christ.

Enfants de Dieu renés d’En Haut par le baptême, préparons-nous donc aux Noces de l’Agneau afin d’entrer tous dans l’âge qui vient, celui du bonheur éternel en Dieu qui est Amour.