Dimanche 18 décembre 2011 - 4e dimanche de l’Avent B

On nous avait promis monts et merveilles : quelle déception !

2 Samuel 7,1-5.8b-12.14a-16 - Psaume 88,4-5.27-30 - Romains 16,25-27 - Luc 1,26-38
dimanche 18 décembre 2011.
 

Vous avez eu de grandes déceptions ? Pas seulement un cadeau de Noël qui n’était pas ce que vous espériez ? Le plus grave est quand quelqu’un nous déçoit. Mais pourquoi ? Est-ce lui qui n’a pas tenu ses promesses, ou nous qui avons attendu de lui ce qu’il n’avait pas annoncé ?

Belle expression, « monts et merveilles » : « monts » signifie ici une grande quantité, comme dans « des montagnes de cadeaux », ce que beaucoup vont recevoir samedi ou dimanche prochain. Quant à « merveilles », inutile d’expliquer ! Bref, beaucoup et du meilleur, voilà ce dont il s’agit. Les trois textes d’aujourd’hui portent de telles promesses formidables. Mais ensuite, n’ont-ils pas été déçus, ceux à qui elles s’adressaient ?

Dans la première lecture, Dieu promet à David de garder la royauté à sa descendance, à sa « maison ». Mais, déjà, son fils Salomon s’écartera de la voie droite et, à sa mort, son Royaume sera divisé en deux, la meilleure part échappant à son fils. Puis, après une histoire souvent peu reluisante, le Nord d’abord, le Sud ensuite, tomberont aux mains des étrangers. Pendant des siècles, les fils d’Israël pourront bien se demander : où donc est la promesse du Seigneur ? Quelle déception !

Enfin, lorsque l’ange Gabriel, dans l’évangile, annonce à Marie que son fils recevra le trône de David, son père, pour un règne sans limites et sans fin, on se dit que le peuple va voir la réalisation de ses attentes. Mais regardez où conduit le chemin de Jésus : sur la croix, mis à mort par la main des païens, le Messie d’Israël devient la risée de tous. Quelle déception !

Quant à saint Paul, dans la deuxième lecture, il proclame : « Gloire à Dieu qui a le pouvoir de vous rendre forts ». Mais, dites-moi, êtes-vous forts ? Forts contre le mal, bien sûr, et pour accomplir le bien ? Oserez-vous répondre oui ? Hélas, mes amis, ne sommes-nous pas trop pécheurs et lents à pratiquer la justice ? En fait, le début de la sainteté, c’est de dire au Seigneur : comment se fait-il que tu me laisses ainsi pécher, pauvre de moi ! Qui de nous n’a pas pensé : Dieu est bon et tout-puissant, alors pourquoi laisse-t-il le mal se faire et se subir dans le monde ? Quelle déception !

Oui, mes frères, Dieu nous déçoit. Mais pourquoi ? Est-ce lui qui manque à tenir ses promesses, ou nous qui attendons de lui ce qu’il n’a pas annoncé ?

Voyez le contraste. D’un côté, la merveilleuse parole de la Vierge Marie en réponse à l’Ange qui lui avait annoncé « Le Seigneur est avec toi » : « Que tout se passe pour moi selon ta parole ». De l’autre, la première réaction de Nathan au projet de David : « Tout ce que tu as l’intention de faire, fais-le, car le Seigneur est avec toi ». La mère de Dieu croit en celui à qui tout est possible : elle s’en remet à lui pour accomplir en elle tout ce qu’il a dit et promet de collaborer de tout son cœur à ses desseins. Nathan, au contraire, croit que David pourra faire tout ce qu’il voudra, puisque la force de Dieu lui est acquise. Bien sûr, nous sommes comme Nathan : nous voudrions nous approprier la force de Dieu pour pouvoir réaliser tous nos désirs. Et si cela n’arrive pas, quelle déception !

La conversion qui nous est nécessaire est un renversement de notre attitude envers Dieu. Le modèle est Jésus, bien sûr : lui n’a jamais douté que son Père accomplirait ses promesses, même quand le chemin passait par les pires déceptions aux yeux des hommes, la naissance dans l’humilité de la crèche et la mort de la croix, sans compter tous les refus des hommes auxquels il était venu annoncer la bonne nouvelle.

Je vous parle de Pâques alors que nous attendons Noël. Mais, vous le savez, la mort et la résurrection du Seigneur sont déjà annoncées dans le mystère de sa venue dans la chair. Si la fête de la Nativité nous révèle un amour sans bornes, voire le projet de Dieu de nous élever jusqu’à lui, même s’il n’y avait eu la nécessité de la Rédemption pour nous arracher au pouvoir du péché, c’est pour que nous y croyions en toutes circonstances. Sachons donc accueillir de grand cœur le temps où nous sommes choyés, nourris et comblés au grand soleil des jours heureux comme un cadeau de Dieu, afin de croire toujours en lui au temps de la nuit et des tempêtes de la vie.

Ceux qui se confient à Dieu entièrement, comme la Vierge Marie, ne seront pas déçus : Dieu les comblera de grâces immenses et merveilleuses, il leur donnera l’Esprit Saint, et il accomplira toutes ses promesses, car il est fidèle, celui qui nous a appelés à croire en son Fils bien-aimé.