Dimanche 12 février 2012 - Anniversaire de la Dédicace - Entrée en catéchuménat de cinq adultes

Vous y croyez, à votre Église ?

Isaïe 56, 1-6-7 - Psaume 94, 1-2, 3-5, 6-7 - Ephésiens 2, 19-22 - Matthieu 16, 13-19
dimanche 12 février 2012.
 

Vous y croyez, à votre Église ?

Au jour où nous recevons cinq adultes de plus dans notre communauté, au moment où nous nous préparons à en baptiser quinze dans la nuit de Pâques prochaine, comment ne pas répondre oui ? Pourtant, tant de défis nous sont lancés par les idéologies et la culture contemporaine, tant de chiffres, aussi, ne cessent de décroître ! Il ne serait pas sérieux d’écarter ces sujets d’inquiétude d’un haussement d’épaule au motif que les promesses du Seigneur nous garantissent contre la puissance de la Mort. En effet, l’Église est une réalité concrète aussi sûrement que spirituelle, et c’est elle qui nous est confiée maintenant. Nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire de la consécration comme « épouse du Christ » de cette bâtisse de pierre, mais c’est plus largement la réalité de chair et d’Esprit de notre communauté paroissiale dont nous sommes responsables devant le Seigneur. Or, je vous le dis sans embarras puisque je suis encore bien nouveau à Saint-Pierre, il se trouve ici de si puissants motifs d’y croire que si je n’y croyais pas déjà je m’y mettrais sûrement !

La richesse, par le nombre, la vitalité et l’efficacité, des groupes, services et mouvements est ici vraiment étonnante. Année de la solidarité oblige, je me contenterai de citer ceux qui se caractérisent par la dimension caritative de leur activité. Et d’abord : Accueil-Entraide à l’église, Aide alimentaire et Pain partagé chez les Pères Montfortains, Conférences Saint-Vincent de Paul, au pluriel puisqu’il y a les jeunes et les aînés, Communauté Foi et Lumière des Fioretti qui se réunit rue Marie-Rose, au couvent des Franciscains. C’est aussi chez eux, rue Sarrette et rue du Père Corentin, que le Secours Catholique trouve l’hospitalité pour une série impressionnante d’accueils et d’activités pour toutes sortes de personnes, sans compter ceux qui ont lieu au Centre paroissial.

Il me faut, d’ailleurs, souligner l’importance des communautés de religieux et de religieuses si nombreuses et généreuses sur la paroisse et dans l’arrondissement. Outre les Montfortains et les Franciscains, citons au moins les Pères Blancs de la rue Friant, dont l’aide est très précieuse pour notre pastorale, et les Assomptionnistes de la rue Morère. Pour les Sœurs, il importe de faire mention particulièrement des Augustines de la rue des Plantes, qui accueillent tant de retraites et de réunions, et des Trinitaires de la rue de l’Abbé Carton, qui collaborent avec nous très efficacement. Sans oublier les dix-neuf autres communautés religieuses du 14e qui se sont réunies cette année à Saint-Pierre, avec celles que je viens de citer, pour célébrer la fête de la vie consacrée. Ces personnes consacrées, justement, peuvent tenir aussi cette fête de la Dédicace particulièrement pour la leur ! À des titres divers, nous devons évoquer aussi l’œuvre d’Éducation Populaire Féminine, qui est paroissiale et qui s’est faite mixte depuis longtemps, la Maison Alésia Jeunes, que nous allons tout à l’heure confier à la Vierge Marie sous le vocable de « Notre-Dame de la Confiance », et le Cépije, une association originale d’animation pour les jeunes « de la rue » qui part de leurs talents et de leurs initiatives. Cette intuition se révèle d’ailleurs si féconde que le Cépije est en train de faire des petits à Paris et ailleurs. Beaucoup d’autres réalités mériteraient d’être mentionnées, de « l’Atelier coudre et broder » au « Groupe international ». Parmi ceux qui portent un large regard sur le monde, se signale, bien sûr, le CCFD-Terre solidaire, qui compte à Saint-Pierre une équipe d’animation fort active. Également très présente sur la paroisse est l’ACAT, dont l’inspiration relève directement de la révélation incomparable qui nous est donnée dans le Christ de la dignité infinie de la personne humaine.

Et c’est là que nous devons trouver notre motivation essentielle de croire à notre Église, par-delà toute question de chiffre, d’idéologies ou de contexte culturel. En fait, ce n’est pas d’abord « notre Église », mais celle du Christ lui-même qui reçoit les promesses de la vie éternelle : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle », dit Jésus. « Mon Église », dit le Christ : c’est lui qui y croit, et qui a des raisons sérieuses pour cela, puisque lui seul a le pouvoir de lui assurer l’assistance de l’Esprit Saint.

Mes amis, je vous le dis avec gravité : on peut aller à la messe tous les dimanches et ne pas y croire, ne pas croire au Christ Jésus. Une communauté de ce type serait condamnée, certes, à disparaître ou à subsister en vain. On peut aussi prétendre croire en Jésus sans croire à l’Église. Mais quel sens cela a-t-il, puisque lui-même a donné sa vie pour elle, pour se la présenter à lui-même comme un épouse immaculée ? De même que les pierres de cet édifice ne tiennent pas sans que leur cohésion soit assurée, de même nous ne tiendrons pas si nous ne sommes pas cette Église qui croit au Christ qui croit en elle. À l’occasion du prochain anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, le pape Benoît XVI a annoncé son intention de proclamer une année de la foi. Dans cette perspective, notre paroisse se met déjà en ordre de marche en proposant une série de trois soirée sur le thème du Concile : ses prodromes, son extraordinaire célébration et son actualité aujourd’hui. Mais, dès maintenant, je vous invite à vous interroger : croyez-vous vraiment en Jésus Christ et à son Église ? Si vous répondez oui, prouvez-le par vos actes et vos engagements. Prouvez-le mieux, prouvez-le encore.

Oui, frères, soyons cette Église en qui l’on peut croire, car elle croit en Dieu, Père, Fils et Esprit Saint.