Dimanche 1er avril 2012 - Dimanche des Rameaux et de la Passion B

Il domine la situation d’en bas

Les Rameaux : Marc 11,1-10 - La Passion : Isaïe 50,4-7 - Psaume 21,8-9.17-20.22-24 - Philippiens 2,6-11 - Marc 14,1 à 15,47
dimanche 1er avril 2012.
 

Introduction

Bienvenue à vous tous, chers amis. Certains viennent de pratiquer quarante jours de carême pour se préparer à bien vivre la Semaine sainte. D’autres sont avec nous juste aujourd’hui, simplement à cause de la tradition des Rameaux. Il en allait de même à Jérusalem, au temps où Jésus fit son entrée triomphale que nous célébrons aujourd’hui. Ses disciples le connaissaient et ils savaient le sens de ces branchages frais coupés dans la campagne, comme rappel de la bonté et de l’amour de Dieu pour son peuple. D’autres se contentaient de faire pareil sans trop savoir pourquoi. Mais Jésus venait pour eux tous et, tous, il les bénissait.

Après l’évangile des Rameaux

Il domine la situation. Jésus a tout prévu. Il sait même où ses disciples trouveront l’ânon qu’il les envoie chercher, et il ne doute pas qu’il sera obéi. En somme, il agit en maître de tout et de tous : « vous direz que le Seigneur en a besoin et cela suffira » !

Mais justement il choisit un petit âne pour monture. Déjà, un âne, ce n’est pas grand. Mais alors un ânon ! Autant dire qu’en s’asseyant dessus, Jésus descend bien bas. Voyez comme c’est étrange, mes amis : pour son entrée triomphale, le Seigneur s’avance à ras de terre !

Après la lecture de la Passion

Si vous disais maintenant, en forme de proposition : « Qui veut monter dans le chœur et donner au micro un commentaire de ce que nous avons entendu ? » Peut-être se trouverait-il parmi vous un téméraire ou deux pour se proposer, mais la plupart, sûrement, s’en garderaient bien. Sans doute, c’est tentant : monter en pleine lumière devant mille personnes qui vous écoutent, c’est valorisant. Mais on se dit : et si j’allais bafouiller, ou dire des sottises, quelle honte devant tout le monde ; et je serai là, pétrifié et sans voix sous les moqueries et les huées, quelle horreur !

Eh bien, mes amis, c’est cette horreur-là aussi qu’évoque l’évangile de la Passion. Jésus est entré triomphalement à Jérusalem, nous l’avons rappelé au début de cette célébration. Tout cela pour se voir exposé à la colère, aux huées et bientôt à la moquerie de tout le peuple assemblé, dans les pires souffrances et jusqu’à la mort.

L’évangile de Marc est particulièrement sobre dans la description des tourments endurés par Jésus au long de son calvaire. Il n’en est pas moins suggestif et émouvant. En outre, nous retrouvons dans le récit de la Passion le même mouvement que dans l’évangile des Rameaux. Quand Jésus envoie ses disciples en éclaireurs pour la sainte Cène, il agit en souverain : ils iront dans telle maison et demanderont au propriétaire où se trouve la salle où il pourra manger la Pâque avec eux. Tout se passe comme il l’avait dit, tous se plient à ses instructions et tout se présente comme il le veut. Mais ensuite, il s’engage sur le chemin de sa croix, s’exposant volontairement à cette suprême humiliation atroce.

Mes frères, ce déroulement stupéfiant et paradoxal de la mise à exécution du plan de Dieu, celui que Jésus a décidé de sa pleine volonté divine qui lui est commune avec le Père et l’Esprit Saint, et qui s’accomplit sur sa personne réduite à la plus lamentable des situations d’impuissance et de misère, c’est le mystère que nous allons célébrer bientôt. Je vous invite donc aux cérémonies du « Triduum », ce triple jour qui n’en fait qu’un comme Dieu est Un en trois personnes. Au seuil du premier jour, jeudi soir, c’est la sainte Cène, le dernier repas du Seigneur avec ses disciples qui annonce ce qui va suivre et en donne le sens pour l’histoire universelle. Le jour biblique du vendredi commence alors, jusqu’au soir du lendemain quand Jésus descendu de la croix sera mis au tombeau. Le Samedi saint, du vendredi soir au samedi soir, le Seigneur repose dans la mort. Le soir du samedi, quand aux premières lueurs des étoiles commence le dimanche biblique, il ressuscite pour la vie éternelle. C’est pourquoi le troisième jour dure jusqu’à la fin du monde.

Venez donc ! Que ce jour des Rameaux ne soit pas pour vous un commencement sans lendemain. Ne soyez pas comme les passants revenant des champs qui hochent la tête en voyant Jésus pendu au bois et se disent que ce pauvre homme apparaît à la fin pour ce qu’il vaut : pas grand-chose, et même rien. Non, Jésus n’est pas un « pauvre diable », comme le prétendent ses ennemis. Il est le Fils éternel de Dieu qui domine la terre et les cieux, comme le confesse le centurion qui l’a vu mourir, et comme nous allons le proclamer en prononçant le credo de toute l’Église.