Dimanche 15 avril 2012 - Deuxième Dimanche de Pâques B - dimanche de la miséricorde divine

L’amitié double les joies et divise par deux les peines

Actes 4,32-35 - Psaume 117,1-4,16-17,22-23 - 1 Jean 5,1-6 - Jean 20,19-31
dimanche 15 avril 2012.
 

Cette phrase de Francis Bacon dit très simplement, mais avec beaucoup d’efficacité, une expérience humaine essentielle qui se joue d’abord dans une relation à deux : mère et enfant, aimée et amant, ou même pour certains privilégiés jumeau et jumeau.

Au fait, pourquoi l’évangile nous dit-il que le nom de Thomas signifie « jumeau » alors que le mot grec est « didyme », comme le même évangile le signale ailleurs ? L’explication technique nous ramène à l’araméen « Thoma » qui désigne effectivement les Gémeaux et dont l’assonance avec le grec « Thomas » était bien perçue au temps de Jésus. Mais le sens plus profond est sûrement qu’un attachement particulier liait cet Apôtre au Seigneur.

Thomas est celui qui dit aux autres : « Allons et mourons avec lui ! » et encore « Comment saurions-nous le chemin, nous ne savons pas où tu vas ! » Thomas représente l’aspect très « charnel » de la foi, la pratique concrète d’une relation personnelle avec le Christ. Certes, cet aspect est « critiqué » par la nécessité de s’élever à la considération spirituelle du Seigneur et de sa relation au Père éternel, mais il n’est pas supprimé : bien au contraire, sa nécessité demeure. L’épisode d’aujourd’hui doit nous faire comprendre « qu’aller à la messe » est une démarche concrète vitale pour la foi, comme Thomas, radicalement déçu par la perte de Jésus, le retrouve quand il consent à venir le huitième jour après avoir « séché » le premier. N’en doutons pas, cette relation « charnelle » d’après la résurrection s’étend à la prière quotidienne, à l’écoute habituelle de la parole de Dieu et, évidemment, à sa mise en pratique. Impossible, en somme, d’être croyant non pratiquant.

La nécessité de Thomas est telle que Jésus éprouve le besoin de refaire avec lui ce qu’il avait fait sans lui. Les autres ne suffisaient pas sans Thomas, mais sans les autres Thomas n’aurait pas retrouvé son Seigneur bien-aimé. Aucun d’entre nous n’a une foi suffisante sans celle des autres : nous avons besoin les uns des autres pour bien croire. Et quelle chance, au fond, que cette dépendance ! Elle est un aspect merveilleux de la miséricorde divine. Car, si l’amitié humaine est si puissante pour grandir les joies et diminuer les peines, combien plus cette amitié spirituelle qui nous unit tous les uns aux autres en communiant chacun de nous au Christ.