Dimanche 13 mai 2012 - 6e Dimanche de Pâques de l’année B

Êtes-vous pour l’amour libre ? Croyez-vous que c’est cela qui peut vous rendre heureux ?

Actes 10,25-26.34-35.44-48 - Psaume 97,1-4.6 - 1 Jean 4,7-10 - Jean 15,9-17
dimanche 13 mai 2012.
 

Difficile de répondre oui ou non à une telle question ? Vous pensez qu’il faudrait préciser ? Et d’abord, « libre » : qu’entend-on par là quand il s’agit d’amour ?

En effet, l’amour est affaire d’attachement : donc de lien, voire de fil à la patte, pas vrai ? D’ailleurs, quand un homme et une femme s’aiment pour de bon, ils se marient. Or, le mariage, n’est-ce pas renoncer à la liberté ? En tout cas, c’est comme cela que le perçoivent beaucoup de jeunes gens d’aujourd’hui qui, pour cette raison, n’arrivent pas à franchir le pas d’un engagement définitif. D’ailleurs, les anarchistes du 19e siècle ont revendiqué « l’amour libre » expressément en contestation du mariage qu’ils considéraient comme un esclavage institué.

Est-ce pour cela que Jésus ne s’est pas marié ? Il ne semble pas. D’autant que son consentement à la mission que lui a confiée le Père est un engagement on ne peut plus contraignant, puisqu’il le conduit jusqu’à la croix. Or, c’est aussi un engagement d’amour. C’est même le modèle qu’il nous donne pour tout engagement d’amour, puisqu’il nous dit aujourd’hui : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés... Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Et certes, la voie de l’amour selon Jésus apparaît alors assez effrayante pour quelqu’un qui tiendrait surtout à garder la possibilité de faire ce qu’il veut quand il veut. Parce que lui, au contraire, a renoncé à tout par obéissance au commandement de son Père, pour nous.

En fait, il a renoncé à tout sauf... précisément à la liberté, puisque c’est librement qu’il s’est livré jusqu’à la mort par amour pour ses amis. Tandis que ceux qui se livrent à toutes leurs pulsions en sont effectivement esclaves. Faites bien attention, mes amis, malgré le côté surprenant et paradoxal de cette réflexion, ce n’est pas une idée en l’air, un sophisme, une blague : il n’y a rien de plus concrètement vrai. D’où viendrait sinon la joie des prêtres et des religieux, celle des saints chrétiens, martyrs, vierges ou serviteurs inlassables de leurs frères ? La joie des chrétiens, tout simplement ? Le renoncement à tout sauf à la liberté de se consacrer à l’amour du Père et du Fils dans le communion de l’Esprit Saint, il n’est pas d’autre voie de bonheur pour toujours.

Finalement, le véritable amour libre, c’est celui de Jésus. Alors, croyez-y et mettez-le en pratique : c’est ainsi que vous serez heureux dans la communion avec Dieu.