Dimanche 17 mai 2012 - L’Ascension du Seigneur de l’année B

On a changé de président : qu’est-ce que ça change ?

Actes 1,1-11 - Psaume 46,2-3.6-9 - Éphésiens 4,1-13 - Marc 16,15-20
jeudi 17 mai 2012.
 

Pas grand-chose, répondent les sceptiques. Ça dépend pour qui, rétorquent les cyniques ! En effet, pour les nouveaux nommés « aux affaires », cette nouveauté n’est pas rien. La galerie observe et commente le ballet des promotions en cascade, la satisfaction des promus et la déception des laissés pour compte. D’ailleurs souvent les uns et les autres tiennent à préciser qu’ils n’avaient rien demandé. Et l’onde de choc n’a pas fini de se propager, chacun de ceux qui gravissent les échelons recevant le pouvoir d’en faire monter d’autres derrière eux. C’est pourquoi les suivants applaudissent à la bonne fortune des précédents, car c’est pour eux une aubaine qu’ils puissent désormais bien plus pour leurs proches qu’auparavant.

Jésus, lui aussi, avait bien dit à ses disciples avant son ascension : « Je vous dis la vérité, c’est votre intérêt que je m’en aille » (Jean 16,7). En effet, aujourd’hui dans l’évangile de Marc, il investit les onze Apôtres dans leur nouvelle mission avec les pleins pouvoirs qui lui sont assortis. L’évangéliste ne nous dit pas si les nouveaux ministres en éprouvèrent une grande satisfaction, il indique seulement qu’ils s’en allèrent, et surtout : « Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. » Autrement, dit, Jésus peut bien plus pour ses proches après son Ascension qu’avant.

Alors, qu’en est-il pour nous, mes frères : avons-nous, nous aussi, motif de nous réjouir de l’élévation de Jésus qui a été fait Christ et Seigneur, et qui siège désormais à la droite du Père ? Aurions-nous des places, de bonnes places, à espérer ? Vous le savez, là n’est pas la question. La vraie nouveauté de la situation, c’est que nous avons un intercesseur merveilleux auprès du Père : tout ce que nous demanderons en son Nom nous sera accordé. Pourquoi ne pas en profiter ? Serait-ce que nous manquons d’idées sur ce que nous devons désirer, ou bien d’audace pour prier ?

Voilà pourtant le sens de cette fête d’aujourd’hui et de l’ère nouvelle qu’elle ouvre pour les disciples de Jésus. Comme les Apôtres réunis dans la chambre haute avec Marie et les frères du Seigneur, nous devons redoubler d’ardeur pour faire entendre nos demandes à celui qui nous apprend à les formuler et à les adresser à son Père : Que son nom soit sanctifié, que son règne vienne, que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel... En somme, qu’il envoie son Esprit Saint dans nos cœurs et sur la terre pour que son salut transforme le monde en un monde qu’il aime parce qu’il apprend à aimer comme lui. C’est en effet la suite de la citation de Jean 16 par laquelle je commençais : « Je vous dis la vérité, c’est votre intérêt que je m’en aille. Car si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. »

Ne soyons donc pas les laissés pour compte de l’aubaine ouverte par la montée du Seigneur aux cieux : croyez-vous que ce serait une excuse d’aller dire ensuite que nous n’avons rien demandé ? Avec l’Ascension, nous avons changé d’ère : désormais l’Esprit Saint fait toutes choses nouvelles, si seulement nous le demandons de tout notre coeur.