Dimanche 27 mai 2012 - Pentecôte de l’année B - Baptême de deux petits enfants : Castille et Mayeul

Qui a besoin d’un défenseur ?

Actes 2,1-11 - Psaume 103,1.24.29-31.34 - Galates 5,16-25 - Jean 15,26-27 ; 16,12-15
dimanche 27 mai 2012.
 

Quelqu’un qui est attaqué, bien sûr. Ou encore un accusé. D’ailleurs, le mot grec paraklètos, transcrit en français Paraclet, peut se rendre aussi par « Avocat ». Mais Défenseur est préféré par la liturgie parce que plus général.

Alors qui, ici, a besoin d’un Défenseur ? Les tout-petits, évidemment, puisqu’ils ne peuvent rien par eux-mêmes et que le monde est plein de dangers, leurs mamans le savent bien. Mais les personnes âgées aussi, et même les hommes dans la force sont exposés à toutes sortes de menaces extérieures. Quand les fidèles attendent du baptême une protection divine, ils ont raison : le Très Haut sait de quoi nous sommes pétris, et il prend soin de toute chair.

« La chair », saint Paul nous dit aujourd’hui qu’elle tend à toutes sortes d’horreurs que nous avons entendu égrener dans la deuxième lecture et dont nous voudrions bien qu’elles ne s’approchent pas de nos demeures. Mais le même mot désigne tout simplement notre humanité dans sa faiblesse et sa fragilité. C’est précisément notre chair que Dieu veut défendre, parce qu’il nous aime. Et ce qui la menace ne se présente pas seulement de l’extérieur : de l’intérieur viennent les passions mauvaises qui peuvent la détruire depuis que l’Ennemi a séduit nos premiers parents et que le péché est entré dans le monde. C’est ce qu’on appelle le péché originel dont sont atteints aussi les petits-enfants qui n’ont pourtant pas de péchés personnels. Ainsi, avons-nous besoin d’être défendus aussi contre nous-mêmes.

Voyez l’image de la Pentecôte sur votre feuille : c’est un thème classique de l’iconographie orientale. Les Douze Apôtres sont assis, pieds bien visibles sur le « cosmos », tandis que les langues de feu qui les atteignent ont leur origine dans la main du Père dont les deux doigts tendus sont le Fils et l’Esprit. Mais quel est ce personnage barbu et couronné qui tient en ses mains une sorte de linge contenant douze rouleaux ? L’interprétation traditionnelle y voit le prophète Joël, celui des « douze petits prophètes » qui a annoncé l’effusion de l’Esprit. Mais rien ne nous empêche de voir plus loin. C’est toute l’Écriture qui prophétisait la venue du Messie et la grâce répandue sur toute chair en vertu du sacrifice pascal. Ce roi qui a pris la place du bas et lavé les pieds de ses disciples au moment de passer de ce monde à son Père, c’est lui aussi qui, élevé au plus haut des cieux, a répandu sur eux l’Esprit promis. Ainsi, dans cette seule image, pouvons-nous voir tous les éléments de l’histoire du salut rassemblés dans leur unité : le dessein d’amour de Dieu de nous délivrer du péché afin de nous établir dans la Vie.

Dieu qui est le Vivant a tout fait en vue de l’homme pour qu’il ait la vie en abondance. L’Ennemi a introduit dans le monde le péché qui conduit à la mort. Mais Dieu ne nous a pas abandonnés : il a envoyé son Fils pour nous racheter et l’Esprit Saint qui achève toute sanctification. Tel est le sens et l’effet du baptême dont vont être baptisés ces petits enfants : plongés dans la mort du Seigneur, ils y trouvent la vie dans la foi, car il est ressuscité et nous envoie l’Esprit Saint.

Attention, mes amis, nous avons tous toujours besoin d’un tel Défenseur pour nous garder du mal sous toutes ses formes, et aussi pour garder notre foi en l’Évangile qui ne cesse d’être attaquée, de l’intérieur peut-être plus encore que de l’extérieur. Croyez-le fermement toujours : c’est pour sauver notre chair de la mort que Jésus est mort, et c’est pour nous donner la vie que rien ne pourra détruire qu’il nous envoie aujourd’hui l’Esprit Saint de qui Jésus a été conçu et ressuscité, l’Esprit de vérité qui nous défendra fidèlement en son nom jusqu’au jour de toute joie, aux Noces éternelles de l’Agneau.