Dimanche 24 juin 2012 - Nativité de saint Jean-Baptiste - Messe de fin d’année du catéchisme paroissial

C’est injuste !

Textes de la messe de la veille : Jérémie 1,4-10 - Psaume 70,5-6b.7-8.15.17.19.6c - 1 Pierre1,8-12 - Luc 1,5-17
dimanche 24 juin 2012.
 

C’est injuste : c’est toujours lui le plus grand et jamais moi ! Quand un enfant est né avant, c’est pour la vie. Le puîné pourra peut-être dépasser l’autre en taille, en classe, en richesse ou en pouvoir, il n’en restera pas moins le second. D’ailleurs les mères le savent bien, même si elles restent discrètes, le premier de leurs enfants restera toujours « celui qui a ouvert la matrice », comme dit l’Écriture.

Cette situation ressentie comme une injustice par beaucoup d’enfants, nous voyons aujourd’hui que Jésus a voulu la connaître par rapport à Jean le Baptiste. Certes, Jean n’est pas né de Marie dont Jésus fut le premier et seul enfant, mais il a quand même précédé le Christ du début à la fin : depuis l’annonciation et la naissance jusqu’au martyr, en passant par le ministère de la prédication et du baptême.

Cet incroyable aspect de l’humilité du Seigneur nous étonne parfois plus même que le sacrifice suprême de la croix du Fils de Dieu. D’ailleurs, que Jésus ait été baptisé par Jean et qu’il ait reçu ses leçons, les premiers chrétiens ont eu du mal à l’admettre - les évangiles en témoignent - et c’est encore une difficulté pour certains aujourd’hui.

Or, ce point est important pour nous. Quand Jésus dit que parmi ceux qui sont nés d’une femme aucun n’est plus grand que Jean, il ajoute que pourtant le plus petit dans le Royaume est plus grand que lui. Nous comprenons aisément que le plus petit en question, c’est lui-même. Mais il nous faut entendre que c’est aussi quiconque accepte de se faire à sa suite le plus petit et le dernier de ses frères, et le serviteur de tous.

Sachons donc honorer en ce monde ceux qui reçoivent un rang supérieur, dans l’Église aussi d’ailleurs, sans en être dupe. Celui qui est choisi pour présider n’est certes pas forcément le plus grand dans le Royaume, lui-même aurait bien tort de l’oublier. Au contraire, recevoir le dernier de tous avec le respect que lui vaut l’amour de Dieu, puisque le Christ a donné sa vie pour lui, voilà ce qui est digne du Seigneur.

Si nous savons vivre ainsi entre nous, les injustices de ce monde seront déjà adoucies en attendant le jour où elles disparaîtront dans l’éclat de l’amour infini du Sauveur pour chacun des enfants des hommes.