Samedi 30 juin 2012 - Mariage d’Antonin Leroy et Marine de Chefdebien

Cette joie, c’est normal, Docteur ?

Philippiens 4,4-9 - Psaume 102 - Jean 6,1-13
samedi 30 juin 2012.
 

C’est normal d’être joyeux quand on est amoureux ? Oui, la Faculté l’a démontré : dans l’euphorie du sentiment pour l’autre, des hormones se libèrent qui stimulent la vitalité dans son ensemble. C’est un fait, mais on le vit mieux d’en connaître l’explication. Comme dit Antonin : « J’ai besoin de comprendre pour mieux accepter les choses. » Soyez donc joyeux de bon cœur, puisque c’est normal.

Cela dit, revers de la médaille, la réciproque de la proposition d’Antonin est vraie aussi : à force de parler à tort des choses, on les comprend de moins en moins et, du coup, on n’en accepte plus la réalité. C’est le cas pour le mariage auquel on ne croit plus guère dans notre société aujourd’hui. On doute en particulier qu’il soit fait pour durer. En réalité, le bonheur de s’aimer ne cesse pas avec les premiers émois : quand la relation dure, à travers les hauts et les bas, elle ne cesse de s’approfondir. On découvre de mieux en mieux l’amour, on apprend à aimer jusqu’aux défauts de l’autre. C’est l’expérience de nombreux couples, et vous en avez des exemples autour de vous, notamment vos parents que vous honorez aujourd’hui en vous mariant.

« Le pouvoir de l’amour humain avec l’aide de Dieu est immense. » Antonin et Marine, vous avez vous-mêmes ainsi commenté votre choix de l’évangile de la multiplication des pains en saint Jean. C’est en effet ce qui arrive dans le mariage. Et pas seulement dans « le mariage à l’église » ! Tous ceux qui se marient vraiment le font devant Dieu, d’abord puisqu’il est partout, mais surtout parce que c’est lui qui a créé l’homme homme et femme pour cette merveilleuse alliance d’amour.

D’ailleurs, pendant des siècles les chrétiens eux-mêmes ne se mariaient pas à l’église, mais selon la coutume commune. Le dimanche suivant, à la messe, ils recevaient une bénédiction particulière, la bénédiction nuptiale. Sans doute, tout le monde ne se marie pas. Beaucoup de gens restent célibataires pour toutes sortes de raisons. Mais ceux qui se marient ne reçoivent pas ce bonheur pour eux-mêmes seulement, car la grâce de leur mariage est aussi pour tous.

Mais alors, me direz-vous, si le mariage ordinaire est déjà la consécration de l’amour humain par Dieu dans l’alliance librement consentie d’un homme et d’une femme pour la vie, dans tous les sens de l’expression, pourquoi se marier à l’église ?

Parce que le sacrement de mariage est la réalisation de l’événement du Christ qui donne sa vie pour sauver la nôtre de façon particulière dans le mariage des baptisés. En particulier, s’il est vrai que tous les époux du monde peuvent en venir à s’aimer jusqu’en leurs défauts, disais-je, avec la grâce du Christ, Antonin et Marine, ce ne sont pas seulement vos défauts, mais même vos fautes, vos péchés, qui pourront devenir des lieux de grâce. Nos fautes sont comme des plaies causées au Christ en sa passion. Mais passées au feu de la résurrection par le pardon qu’il nous offre, elles peuvent devenir des plaies du Ressuscité, comme celle de son côté d’où jaillissent l’eau et le sang qui nous purifient et nous relèvent. L’Esprit Saint donné pour la rémission des péchés est le même qui coule en fontaine d’abondance du cœur de tout disciple du Christ croyant vraiment en lui.

Croyez-le et vivez-le : plus vous le vivrez, plus vous le comprendrez et pourrez le vivre de plus belle. Vous serez largement comblés et votre grâce rejaillira sur vos enfants et sur beaucoup. Je me plais à penser que « les restes » du grand repas de la multiplication des pains sont gardés pour ceux qui n’étaient pas là. Autrement dit, Le Christ ne cesse de poursuivre de son amour tout homme et toute femme venant en ce monde pour lui donner sa vie en abondance. Croyez-le, c’est ainsi que s’accomplira ton vœu, Marine, de pratiquer, transmettre et propager cette foi qui fait ta joie. Et votre joie ne cessera pas. Oui, Antonin et Marine, soyez dans la joie du Seigneur : que votre joie demeure et que Jésus demeure votre joie.