Dimanche 19 août 2012 - 20e dimanche de l’année B

Je veux bien, mais j’aimerais comprendre

Proverbes 9,1-6 - Psaume 33 - Éphésiens 5,15-20 - Jean 6,51-58
dimanche 19 août 2012.
 

Je ne conteste pas l’autorité dont j’exécute les injonctions, ce qui n’empêche pas que j’aie besoin d’explications, c’est normal. Mais tout dépend de que je veux savoir exactement, et surtout du fait que cela conditionne mon obéissance ou non.

Les juifs qui discutent aujourd’hui dans l’évangile se demandent : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Leur question nous rappelle la réaction de Philippe dans l’épisode de la multiplication des pains qui précède le grand enseignement de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm, et l’interrogation qui nous vient spontanément devant le miracle : Comment Jésus fait-il pour nourrir tant de monde avec presque rien ? Or, « pour le mettre à l’épreuve », Jésus lui avait demandé : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Jésus dit : « Où ? » et nous pensons : « Comment ? »

Ici, il faut bien admettre que le Seigneur ne répond pas à la question « Comment ? », mais à la question « Pourquoi ? » : « De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. » Il ne nous prive pas d’explications, mais nous invite à nous contenter de celles qu’il nous donne, en l’absence de celles que nous attendions.

Ainsi, devant l’Eucharistie, nous pouvons nous demander sans cesse à nouveau « Comment » le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ, nous resterons toujours sans réponse satisfaisante à ce sujet. Simplement, de même que Jésus a multiplié les pains en les prenant dans ses mains, en rendant grâces sur eux et en les distribuant, de même, le prêtre à la messe, agissant « en la personne du Christ » et selon le rite de l’Église, fait de ce pain et de ce vin le corps et le sang du Christ. Point.

Pouvons-nous nous contenter de cela ? Oui, si nous comprenons que la parole du Seigneur s’accomplit lorsque nous agissons comme il nous a dit de le faire en mémoire de lui. C’est-à-dire que l’Église vit effectivement de la vie du Ressuscité parce qu’elle célèbre l’Eucharistie.

Toutes les « choses » que nous consommons : le livre de l’Écriture où se lit la parole de Dieu, l’autel et les objets liturgiques, la prière des Heures, le colloque spirituel des fidèles et tous les éléments concrets dont se nourrit notre vie spirituelle, sont comme le tronc, la ramure et la frondaison du grand arbre de Vie dont la racine est l’Eucharistie. Si nous ne prenions dans nos mains chaque Pâque, chaque dimanche, chaque jour, un peu de pain et de vin pour qu’ils deviennent pour nous le corps et le sang du Seigneur par la puissance de l’Esprit Saint dont il a été conçu et par qui il fut ressuscité des morts, nous n’aurions pas sa vie en nous. Mais parce que nous le faisons, le corps entier de l’Église demeure dans le Seigneur comme lui-même demeure en elle. La sagesse, la véritable intelligence divine, vient ainsi au peuple des petits qui se laissent aimer du Très haut.

Plus nous mettons de bonne volonté à pratiquer en confiance, dans la foi, son commandement de nous nourrir de lui, plus nous aimons comprendre que nous tenons de lui, le Fils de Dieu venu dans le monde, cette vie éternelle qui sera manifestée au jour de la résurrection de la chair.