Dimanche 3 mars 2013 - Troisième dimanche de Carême - Année C - Premier scrutin pour les catéchumènes adultes

« J’aime et je ne connais pas » : est-ce possible ?

Exode 3,1-8a.10.13-15 - Psaume 102,1-4.6-8.11 - 1 Corinthiens 10,1-6.10-12 - Jean 4,5-42 (La Samaritaine)
dimanche 3 mars 2013.
 

« Je connais et je n’aime pas » : cela arrive. Mais « j’aime et je ne connais pas » : est-ce possible ? Et « tu ne connais pas, mais tu adores » ?

Sans doute, puisque c’est ce que Jésus dit à la Samaritaine. Et il explique : « Car le salut vient des Juifs ». En effet, les Juifs, ici, sont le peuple choisi par Dieu pour se faire connaître intimement à lui, Israël. Au livre de l’Exode (première lecture de cette année C), il se révèle à Moïse sous le nom de « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob ». Jacob, c’est Israël. En somme, Dieu prend le nom de ses amis comme une femme celui de son mari !

L’amour de l’homme et de la femme dans l’alliance indéfectible du mariage est l’analogue principal de la relation que Dieu veut établir avec son peuple dans la Bible. Quelle connaissance mutuelle plus intime existe-t-il au monde que ce partage physique et spirituel de toute l’existence entre deux êtres ? Voilà la différence entre les Juifs et les Samaritains : comme les païens, ces derniers n’adorent Dieu que tel qu’ils le devinent en contemplant ses œuvres dans la création. Mais Israël, lui, le connaît vraiment, car il partage sa vie depuis les Patriarches, comme nous l’explique saint Paul. Il le connaît « bibliquement ».

Tout l’évangile de la Samaritaine a pour thème fondamental le désir et le bonheur que les époux peuvent s’inspirer et se donner : un homme et une femme, la soif de l’un et celle de l’autre, le puits qui signifie la famille née de leur union. Et, bien sûr, les vicissitudes de la réalisation de cette vocation, avec les cinq maris et celui qui n’en est pas un.

La phrase de Jésus ne nous désigne pas seulement Israël comme le partenaire choisi par Dieu de façon définitive, elle nous explique aussi ce qu’est le salut : l’union d’amour avec Dieu. Or, par sa croix, le Christ a fait tomber le mur de la haine : il a ouvert aux païens la porte de l’Alliance. Ainsi, eux qui étaient les ennemis d’Israël sont appelés à partager son bonheur et sa gloire. Le commandement « d’aimer ses ennemis » devient dès lors le chiffre de la nouvelle Alliance. C’est ce qui se réalise dans l’Église, dont la Samaritaine est une figure.

Le Concile Vatican II, le recueil de ses textes, commence pratiquement ainsi : l’Église est comme le sacrement, le signe et le moyen, de l’union intime avec Dieu. Chers amis catéchumènes, ce n’est pas autre chose que vous cherchez, ce dont vous avez soif. Le baptême vous établira dans cette union d’amour avec Dieu et, donc, avec tous les baptisés en lui, car c’est son désir divin pour toute l’humanité.

Votre catéchuménat est une progression dans la connaissance de Dieu : plus vous le connaissez et plus vous l’aimez, bien sûr, puisqu’il est adorable ! La foi n’est rien d’autre que cette connaissance d’où naît l’amour. L’amour et l’espérance, car tant que nous sommes en pèlerinage sur cette terre, nous ne le voyons pas encore tel qu’il est. Et nous désirons plus que tout atteindre cette plénitude de l’amour.

Mais il subsiste en nous les traces et les tentations de la haine, cette opposition à l’amour qui est le propre du diable, l’ennemi de Dieu et des hommes : nous avons besoin toute la vie de nous en laisser purifier. C’est pourquoi aussi nous célébrons pour vous les scrutins : Dieu fait la lumière en vos cœurs, y dévoilant le péché pour vous en purifier et vous rendre forts contre le mal.

Avec vous, très chers amis, nous nous tournons vers le Christ Jésus qui seul peut nous libérer du mal et nous l’implorons, afin de parvenir à Pâques tout entier disposés à la joie d’adorer celui que nous aimons, parce qu’il nous a aimés jusqu’à donner sa vie pour nous.