Nuit de Pâques 30/31 mars 2013 - La Résurrection du Seigneur - Baptême, confirmation et première communion de quinze adultes

Pourquoi « aube profonde » ? Et pourquoi toutes ces femmes ?

Genèse 1,1-2,2 - Psaume 103,1-2.5-6.10.12-14.24.35 - Genèse 22,1-18 - Psaume 15,5.8-10.1b.11 - Exode 14,15-15,1 - Cantique Exode 15,2-6.10.11.17 - Isaïe 54,5-14 - Psaume 29,3-6.12-13 - Isaïe 55,1-11 - Cantique Isaïe 12,2-6 - Baruch 3,9-15.32-4,4 - Psaume 50,12-15.18-19 - Ézéchiel 36,16-28 - Psaume 18,8-11 - Romains 6,3b-11 - Psaume 117,1-4.16-17.22-23 - Luc 24,1-12
dimanche 31 mars 2013.
 

Présentation des lectures de la veillée

1. « Lumière du Christ » : ce mystère de la résurrection, de la Lumière qui vient prendre naissance aux profondeurs de la nuit, était prophétisé depuis l’origine dans l’Écriture. Et d’abord au commencement du monde, en ce premier chapitre du livre de la Genèse.

2. Quand la parole se fait obscurité profonde, quand Dieu demande le sacrifice du fils unique, la lumière vient au cœur d’Abraham qui, par la foi, obéit comme s’il voyait l’invisible.

3. « La nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit. » Mais au matin, Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi.

4. « Un moment je t’avais caché ma face. » Mais l’amour du Seigneur ne cesse de briller sur le visage du Bien-aimé.

5. « Votre Père qui est aux cieux fait briller son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » Il envoie sa Parole à ceux qui écoutent et à ceux qui n’écoutent pas.

6. Il appelle les étoiles, elles répondent : nous voici ! Elles brillent avec joie pour celui qui les a faites. Elles nous apprennent où se trouve la lumière de nos yeux.

7. Montre-nous, Seigneur, la sainteté de ton grand nom, et son éclat nous purifiera des ténèbres de toute œuvre morte.

Homélie

Pourquoi « aube profonde » ? Et pourquoi toutes ces femmes ?

« À l’aube profonde », vous ne l’avez pas entendu. C’est littéralement le texte grec traduit par « de grand matin ». Quant aux femmes, elles sont si nombreuses que juste trois d’entre elles sont nommées. C’est d’autant plus frappant que, pour la Transfiguration, seuls Pierre, Jean et Jacques ont été invités par Jésus. Or, les deux passages sont très semblables en saint Luc. Ce matin, deux hommes en vêtement brillant accueillent les femmes au tombeau. À la Transfiguration, Jésus paraît en vêtements brillants entre deux hommes. Et son visage devient « tout autre ». Nous avons compris alors (rappelez-vous, c’était le deuxième dimanche de Carême, il y a un mois) que Jésus annonçait ainsi son passage de la vie mortelle à la condition de ressuscité, et donc aussi la transformation des disciples par leur participation à son mystère pascal.

Nous y voici, chers amis catéchumènes : vous aussi, « rappelez-vous les paroles qu’il avait dites quand il était encore en Galilée : il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite. » Voilà qui est fait. Mais tout s’est passé dans le plus grand secret. Personne n’a vu la résurrection du Seigneur. Les disciples sont seulement face au tombeau vide et renvoyés à la parole du Galiléen ainsi qu’à à la nécessité d’y croire. Cette discrétion de l’événement nous suggère peut-être la réponse à ma question : « pourquoi des femmes ? » En effet, la femme se définit par sa disposition à vivre cet événement aussi prodigieux qu’inaperçu : la fécondation, au plus secret de ses entrailles, qui réalise la création d’un nouvel être humain. Or, il me semble que la résurrection de Jésus est une telle conception au sein de la terre mère où il repose après sa passion.

Et le baptême que vous allez recevoir est la survenue pour vous, et en vous, de cet événement unique et bouleversant de l’histoire. Comme l’embryon aussitôt créé se met à croître et à s’alimenter, de même le Christ conçu en vous par la foi du baptême doit grandir et se nourrir, ce que réalisent les sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie que vous allez recevoir aussi. Pour vous comme pour nous, le Christ qui a fait sa demeure en l’homme doit s’y développer peu à peu jusqu’à prendre toute la place, pour sa délivrance du mal et le bonheur d’une vie nouvelle et incorruptible.

Voilà l’aube profonde. Tel est en effet le grand paradoxe de ce saint samedi : le Christ descend aux enfers où demeurent les morts de jadis prisonniers de celui par qui la mort est entrée dans le monde - et c’est le grand silence du Fils de Dieu tombé en terre - mais c’est pour les délivrer afin de les entraîner avec lui au bonheur du ciel - et c’est l’œuvre du Ressuscité. La nuit est tombée sur le sabbat accompli, et déjà commence le dimanche pascal, le troisième jour où se relève de la mort celui qui l’a vaincue par sa mort, afin que, des profondeurs, se lève une aube nouvelle sur tous les enfants de la femme.