Dimanche 21 avril 2013 - Quatrième dimanche de Pâques, Année C - Journée des Vocations

Il est terrible de tomber aux mains de qui ?

Actes 13,14.43-52 - Psaume 99,1-2.3.5 - Apocalypse 7,9.14b-17 - Jean 10,27-30
dimanche 21 avril 2013.
 

Il est terrible de tomber aux mains de ses ennemis. Nous avons tous tremblé pour cette famille prise en otage. Nous avons salué avec soulagement la libération de ces enfants et de leurs parents pour qui beaucoup ont prié ardemment. Nous le savons, ils ont vécu cette épreuve avec grand courage, unis dans la confiance en Dieu, et ils ont échappé aux malfaiteurs. Prions pour ceux qui sont encore injustement prisonniers, qui l’ont été ou qui risqueraient de l’être.

Il est terrible, en effet de tomber aux mains de ses ennemis. C’est déjà ce que pensait le roi David. Mis en demeure de choisir entre trois châtiments pour son grand péché, il décida de « tomber plutôt entre les mains de Dieu » car, dit-il, « ses miséricordes sont innombrables ». Pour lui, cela signifiait de se résigner à la peste. En effet, en ce temps-là, on croyait qu’une telle épidémie tombait directement du ciel. Il n’y a pas si longtemps, on parlait encore de « tomber aux mains des médecins » en cas de maladie grave. Mais la médecine a fait bien des progrès depuis.

Pourtant, l’auteur de l’épître aux Hébreux nous met en garde : « Il est terrible de tomber aux mains du Dieu vivant ! » Il s’adresse ainsi aux chrétiens qui seraient tentés de se détourner du Christ : ne croyez pas, leur dit-il, que cet abandon pourrait rester sans conséquences. Vous voyez qu’ici, contrairement à ce qu’on pense souvent, c’est la lumière de l’Ancien Testament qui éclaire la rigueur du Nouveau. L’avertissement salutaire de l’épître demeure, mais, avec David, nous croyons fermement que Dieu est un Père plein de tendresse qui ne veut que notre bien. S’il nous corrige, c’est pour nous remettre sur le droit chemin. Ses châtiments, il les supporte avec nous, lui qui est innocent, pour nous qui sommes coupables.

C’est bien ce que fait le Fils de Dieu en acceptant le sacrifice de la croix. Et c’est encore pour nous qu’il est ressuscité, pour nous relever et nous sanctifier. Comme un bon berger, il prend soin de ses brebis : il les rassemble, les conduit, les nourrit et les soigne. Il est le vrai médecin qui peut nous guérir. Quand le remède est désagréable, l’enfant se rebiffe contre ses parents qui le lui administrent. Mais eux savent ce qui est bon pour lui. Le pape et les autres évêques tiennent la place du berger, et les curés aussi. Quand ils accomplissent fidèlement leur service, c’est Dieu lui-même qui prend soin des fidèles. Sachons les accueillir comme les pasteurs que le Seigneur nous donne par amour. Prions pour qu’il nous en donne de nouveaux, afin que nous ne risquions pas de rester comme des brebis abandonnées.

Dans l’évangile, Jésus nous déclare que nous sommes dans sa main et dans la main de son Père. Les chrétiens d’Orient disent joliment que le Fils et l’Esprit sont comme les deux mains du Père. On peut ajouter ici que le Fils est comme la main du Père et l’Esprit comme celle du Fils. Chers frères et sœurs, comme il est bon de penser que nous sommes dans les mains de Dieu, notre Bon Pasteur. En fait, c’est notre vocation à tous, ce à quoi nous sommes appelés par le baptême. Prions pour que beaucoup d’hommes et de femmes trouvent le chemin de l’Église, le bon bercail où ils seront reçus dans les mains de Dieu. Prions pour les vocations religieuses, pour ces hommes et ces femmes qui nous montrent que rien n’est aussi désirable que de vivre déjà étroitement unis à l’Agneau qui viendra un jour mettre fin à toute injustice. Prions aussi pour que, tous, nous restions fidèles et résistions à toute tentation d’abandonner le Bon Berger pour nous tourner vers les petits dieux du monde qui n’en sont pas de vrais.

Rien ne serait plus terrible, en effet, que de nous laisser tomber des mains du Dieu vivant. Mais, Dieu nous en garde ! Laissons plutôt éclater notre joie dans l’Esprit saint et l’action de grâce car, quelles que soient les épreuves, rien ne pourra nous arracher du cœur du Père qui nous a aimés jusqu’à nous donner son Fils qui est UN avec lui, afin que nous soyons un en lui pour la vie éternelle.