Dimanche 16 juin 2013 - 11e Dimanche Année C

Pourquoi tombent-elles amoureuses ?

Isaïe 12,7-10.13 - Psaume 31,1-2.5.7.10-11 - Galates 2,16.19-21 - Luc 7,36 à 8,3
dimanche 16 juin 2013.
 

Voilà une question intéressante, pour les hommes, notamment. Eux sont séduits par la beauté des femmes, c’est entendu. Mais pour elles, c’est plus subtil. En particulier, les femmes sont très sensibles au fait d’être aimées. C’est pourquoi les hommes leur font la cour avec forces déclarations enthousiastes. Elles ont beau ne pas être dupes, cela les touche. Si, en plus, ces manifestations apparaissent sincères, l’impact en est considérable. Ainsi, quand elles se sont mises dans leur tort, si leur partenaire se montre magnanime, il marque des points dans leur cœur. Et cela d’autant plus qu’il en supportera généreusement des conséquences pénibles pour lui-même.

On peut dès lors aisément comprendre que la pécheresse de notre évangile - dont les pleurs et le geste signifient aussi qu’elle pressent, par l’intuition de son cœur amoureux, la croix du Christ comme prix de son pardon - soit saisie d’amour pour Jésus parce qu’elle le reconnaît comme celui dont l’amour la libère de ses nombreux péchés. C’est ce qu’explique le Seigneur à Simon le pharisien, au moyen de la petite parabole des deux débiteurs.

En ce sens, on peut comprendre qu’elles sont toutes tombées amoureuses de Jésus, ces nombreuses femmes dont il nous est dit qu’il les avait délivrées d’esprits mauvais et guéries de leurs maladies. En particulier Marie Madeleine « qui avait été libérée de sept démons ». Mais le mouvement de l’âme qui se manifeste de façon particulièrement démonstrative dans les épanchements de la pécheresse pardonnée est fondamentalement le même chez les Apôtres. Pierre et Paul, chacun à sa façon, se sont attachés au Seigneur de tout leur cœur pour avoir été délivrés par lui de la culpabilité de l’avoir trahi ou du démon de la persécution.

Seul un pécheur manifestement pardonné et reconnaissant de l’avoir été peut annoncer l’Évangile en vérité. Même si, grâce à Dieu, nous n’avons pas tous été égarés aussi spectaculairement que Pierre ou Paul, chacun de nous doit se rendre profondément à l’évidence de sa propre indignité et de la miséricorde du Christ pour devenir un disciple authentique. On ne peut aimer Jésus comme Simon Pierre sans s’être clairement reconnu pécheur. Et si quelqu’un n’aime pas encore Jésus comme il faudrait, c’est qu’il se refuse toujours à ouvrir les yeux sur son immense besoin de pardon.

Une âme qui se sait pardonnée par le Seigneur tombe merveilleusement amoureuse de lui, et seulement une telle âme.