Dimanche 23 juin 2013 - 12e Dimanche Année C - Messe des familles

Un enfant peut-il renoncer à lui-même ?

Zacharie 12,10-11.13, 1 - Psaume 62,2-6.8 - Galates 3,26-29 ; Luc 9,18-24
dimanche 23 juin 2013.
 

Quelle idée ! Ses parents veulent au contraire qu’il grandisse, acquière des capacités et de l’assurance, qu’il sache se défendre et s’affirmer de plus en plus. C’est normal. Ce sont plutôt les parents qui renoncent à eux-mêmes pour ne pas renoncer à leurs enfants.

Bon. Mais donc un enfant ne peut être disciple de Jésus, puisqu’il dit aujourd’hui : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même ». Ce serait étonnant, non ? Alors qu’il nous donne souvent en exemple justement les enfants.

Regardez Jésus : dans l’évangile, les gens le comparent à Jean-Baptiste, Élie ou un grand prophète. Ce serait comme, aujourd’hui : De Gaulle, Victor Hugo ou Jean Jaurès. Sa mère devait être fière ! Peut-être. Je crois surtout que la Vierge Marie avait bien donné à son enfant l’exemple de l’humilité qui se manifeste parfaite en lui. Pierre va jusqu’à le nommer Messie, le titre le plus élevé possible, et le Christ lui répond par l’annonce de sa passion.

Personne ne souhaite souffrir ou mourir, et l’idée que cela puisse arriver à un enfant nous fait horreur. D’ailleurs, Dieu merci, nous arrivons à l’éviter le plus souvent. Mais la croix que tous doivent prendre sûrement, y compris les enfants, c’est le renoncement à soi-même. Bien sûr, c’est douloureux. Mais c’est le plus grand bienfait que vous puissiez souhaiter ! Donc, n’empêchez pas les enfants de prendre leur croix à la suite du Christ !

Si vous ne faites qu’aduler un enfant, le saturer de compliments et de satisfactions, vous l’étouffez de lui-même. De plus, vous lui imposez la dure nécessité d’avoir sans cesse à justifier de nouveau votre adoration pour lui, et donc de vous séduire sans cesse. Lui apprendre la modestie et l’altruisme, au contraire, c’est le libérer de lui-même, de l’insupportable fardeau du moi, comme de l’angoissante injonction d’avoir à vous complaire. Les Anciens savaient bien cela, les Modernes l’ont oublié.

Mais la foi en Jésus Christ, c’est mieux que toute la sagesse des Anciens avec les bons sentiments des Modernes en prime. En recevant le Christ, non seulement nous sommes libérés de la malédiction du moi tyrannique, mais encore nous sommes comblés de l’Amour que rien ne peut menacer. En effet, Dieu nous aime sans que nous l’ayons mérité, et, quand nous l’offensons, il ne demande qu’à nous accorder le pardon. Quelle libération !

Si vous aimez vos enfants, laissez-les renoncer à eux-mêmes pour suivre le Christ, ne les empêchez pas !