Dimanche 30 juin 2013 - Solennité patronale de la Saint Pierre et Saint Paul

Est-ce que tu me préfères ?

Actes 12,1-11 - Psaume 33,2-9 - 2 Timothée 4,6-8.17-18 - Jean 21,15-19
dimanche 30 juin 2013.
 

Ça ne se fait pas de demander ça ! À la rigueur, la question peut porter sur d’autres : « Qui tu aimes mieux, Lucie ou Marie-Jo ? » ; ou : « Qui tu trouves le plus mignon : le prof de Maths ou celui de Philo ? » ; ou « Tu votes pour qui, Messi ou Ronaldo ? »

Mais, par deux fois, Jésus demande à Pierre, littéralement : « Est-ce que tu me préfères ? » En effet, le texte original utilise deux verbes différents dans le dialogue : « aimer » et « préférer ». Mais la traduction liturgique fait disparaître cette distinction.

Préférer, en grec, c’est agapein. De là vient l’agapè, la charité. La vraie charité, c’est l’amour de préférence pour Jésus qui nous fait aimer tous les hommes, ses frères en vérité. La troisième fois, Jésus demande simplement à Pierre « M’aimes-tu ? » Et il comprend tout.

Pierre aimait sûrement Jésus. Mais au jour de la passion, il a préféré ne pas prendre le risque de reconnaître son appartenance à son maître qui venait d’être arrêté. Il a renié le Christ, il ne l’a pas préféré à sa propre vie. La triple question du Ressuscité évoque le triple reniement, et Pierre s’attriste.

Ce n’est pas par désir de nous attrister que le Seigneur nous met devant la fragilité de notre amour pour lui, mais pour que nous le laissions changer notre cœur. Chaque fois que nous péchons, nous préférons le monde ou nous-même à l’amour du Christ. Et lui nous pardonne, pour que nous ne recommencions pas.

Mais le plus important est l’avenir. Chaque fois que nous sommes devant un choix important, dans notre perplexité, nous pouvons nous demander : « Comment préférer Jésus maintenant ? » La lumière nous sera donnée, sûrement. Et Jésus aura toujours un chemin pour nous.

Mais n’attendons pas. Dans un moment nous allons communier : préparons-nous bien. Et mettons dans ce geste toute notre prière pour lui demander pardon de tous nos reniements, et promettre de le suivre jusqu’au bout. « Tu sais que je veux te préférer, Seigneur, viens en aide à la faiblesse ! »