Dimanche 11 août 2013 - 19e Dimanche Année C

Si vous attendez des amis...

Sagesse 18,6-9 - Psaume 32,1.12.18-20.22 - Hébreux 11,1-2.8-19 - Luc 12,32-48
dimanche 11 août 2013.
 

Si vous attendez des amis dans quelques jours, vous y pensez un peu tout le temps. En faisant les courses, en rangeant la maison, dans les conversations. Peut-être même au milieu de vos occupations les plus prenantes, voire la nuit, dans vos rêves. Oui, si ces amis sont importants pour vous, leur attente peut changer toute votre vie habituelle. En fait, on peut mesurer l’importance qu’ils ont pour vous à la place que va prendre cette attente dans votre vie.

Alors je vous pose la question : qu’est-ce que cela fait dans votre vie d’attendre Jésus ? Y pensez-vous un peu en faisant les courses, en rangeant la maison, dans les conversations ? Au milieu de vos occupations les plus prenantes, voire la nuit, dans vos rêves ? Et sinon, pourquoi ? Serait-ce qu’au fond Jésus n’a pas d’importance pour vous ? Ou bien, peut-être, que vous n’y croyez pas, à sa venue ?

Un premier test : une vocation de prêtre ou de religieuse, est-ce que cela peut être pour vous ou pour vos enfants ? Là où l’on ne croit pas à la venue de Jésus, là où on ne l’attend pas, il n’y a plus de vocations. De même, sans cette perspective, que reste-t-il de l’amour des pauvres et de la pauvreté ? Des faibles et de la faiblesse de notre chair ? Qui accueillera avec générosité les enfants, non pour satisfaire son « désir d’enfant », mais pour leur transmettre le meilleur de soi, et par-dessus tout justement cette générosité fondée dans l’attente du Seigneur ? Voyez comment notre époque est pleine de contradictions à ce sujet. Par exemple : on fait de plus en plus d’efforts pour intégrer les personnes handicapées dans la société mais, en même temps, on insiste auprès des femmes qui attendent un enfant à risque pour le supprimer. On exige plus de vertu qu’auparavant chez les gouvernants et les responsables, mais l’argent et le plaisir semblent régner en maîtres comme jamais dans la société. Par exemple, le même journal bien-pensant, sur une page dénonce les dirigeants qui aiment les montres chères, et sur l’autre fait de la publicité pour ces montres.

Moi, je ne donne pas cher d’une morale qui ne repose sur aucune foi : au fond, pourquoi s’en embarrasser, finalement ? En revanche, il pourrait y avoir dans la morale de beaucoup de personnes généreuses plus de foi qu’elles-mêmes ne le pensent. Car, oui, l’amour des pauvres et des petits, des faibles et des blessés de la vie, des enfants et des vieilles gens, un amour vrai qui veut donner et se donner, cet amour vient de Dieu et il espère Dieu.

Si vous vous conduisez sans bonté ni justice, quoi que vous en disiez, vous ne croyez pas en Jésus qui a donné sa vie pour nous et qui viendra juger les vivants et les morts. En revanche, si vous accueillez comme des frères aimés les plus déshérités de vos semblables, vous vous montrez de dignes fils de votre Père qui est aux cieux. Qui, en effet, a comme lui à cœur la vie des pauvres ?

Et son propre Fils, qui s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa richesse, vous attend pour vous servir lui-même à sa table des invités au jour où il viendra.