Dimanche 13 octobre 2013 - 28e Dimanche Année C et Fête de la Dédicace

Vous avez des idées pour sortir de la crise ?

2 Rois 15,14-19 - Psaume 97,1-4a.6b - 2 Timothée 2,8-13 - Luc 17,11-19
dimanche 13 octobre 2013.
 

Vous avez des idées pour sortir de la crise ?

Quelle crise : économique ou spirituelle ?

Justement, les deux sont liées. En effet, d’après le pape : « Le réveil de la foi passe par le réveil d’un nouveau sens sacramentel de la vie de l’homme et de l’existence chrétienne qui montre comment le visible et le matériel s’ouvrent sur le mystère de l’éternité. »

Quel pape : Benoît ou François ?

Justement, les deux, liés. En effet, cette phrase est tirée de l’encyclique « Lumen fidei », écrite par Benoît et signée par François.

Pourquoi faut-il un « réveil de la foi » : comment la foi peut-elle s’endormir ?

C’est justement ce dont parle notre évangile d’aujourd’hui. Les neuf lépreux guéris, parce qu’ils sont juifs, membres du peuple élu, retournent au sacerdoce de l’ancienne Alliance au lieu d’aller à Jésus. Leur attachement au premier don reçu les empêche d’avancer résolument vers la nouveauté du Christ. En revanche, le Samaritain n’a pas de mérite à revenir au Sauveur du monde, puisqu’il est sans attache au sacerdoce du Temple. Sa foi est vraiment un don gratuit de Dieu. Pour plus d’explications, je vous renvoie à l’éditorial que vous trouverez sur la feuille d’informations paroissiales*.

La foi est toujours un don de Dieu, et l’on est toujours tenté de s’endormir sur le don de Dieu : alors on manque ce qui est offert et l’on perd même ce qu’on avait. Prenons-y garde nous-mêmes aujourd’hui et offrons-nous au réveil de la foi auquel nous appelle le pape.

Pour cela, une seule solution : comme dit saint Paul, « oubliant ce qui est en arrière et lancé vers l’avant, courir vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus ». Jésus, en effet, est celui qui est venu, qui vient et qui viendra. Il nous précède toujours. Quand il dit : viens, allons à lui. Et quand il dit : va, c’est toujours vers lui que nous allons en partant pour la mission. Viens et va s’entendent dans la même direction.

C’est bien ce qu’a toujours compris la Vierge Marie au cœur immaculé de qui le pape consacre le monde aujourd’hui. Et elle ne cesse de nous pousser vers son Fils.

C’est la seule solution à l’immense crise que constitue l’histoire du monde et de l’Église : rendre gloire à Dieu en suivant Jésus jusqu’au jour de sa venue.

* OÙ EST PASSÉ LE TEMPLE ?

Le Seigneur avait donné à Israël le Temple de Salomon à Jérusalem, la ville de David, comme le lieu de sa présence et la source de ses grâces. Mais le peuple s’était divisé, le Nord érigeant Samarie en centre dissident. Conséquences de ce drame, non seulement Samarie tombait au 8e siècle sous les coups de l’Assyrie, mais Jérusalem même fut prise et le Temple détruit en 587 avant Jésus Christ par Nabuchodonosor de Babylone. Après l’exil, malgré les promesses prophétiques, le second Temple ne releva jamais vraiment le premier. Au temps de Jésus, restauré splendidement par Hérode, il était considéré par beaucoup comme impur, et le sacerdoce qui le desservait comme illégitime.

Pourtant, Jésus envoie les dix lépreux aux prêtres. Dix était le quorum nécessaire pour constituer un groupe de prière, le « minyan ». Le Samaritain était lépreux parmi les lépreux puisque « hérétique et schismatique ». Pour que des juifs acceptent de le prendre comme dixième, il fallait vraiment qu’ils soient poussés par la nécessité... et qu’ils soient lépreux ! Mais, une fois guéris, les dix retrouvent leur situation première et le Samaritain n’a aucun intérêt à aller voir les prêtres à Jérusalem. Rien de plus naturel pour lui que de revenir à Jésus. Ainsi son double handicap est devenu un grand avantage pour accueillir le salut de Dieu : la foi en Jésus, le Fils envoyé pour le pardon et la guérison des pécheurs.

À l’inverse, l’avantage de ses compagnons juifs d’appartenir au peuple élu s’est mué en obstacle. Tout à leur satisfaction d’être purifiés, et donc rétablis dans leur dignité cultuelle, les neuf oublient l’essentiel : celui par qui la grâce de Dieu leur a été accordée. En retournant à leur passé, ils se détournent du Messie qui pourtant leur fut manifesté. Là se trouve le drame de l’Évangile, bien plus profond qu’une petite histoire de « dire merci » ou pas : il est logique que les païens et les pécheurs soient mieux disposés à accueillir le Christ et sa Bonne nouvelle que les « bons juifs ». Cela doit être un avertissement pour nous.

En fêtant la dédicace de notre église, n’oublions pas que le véritable Temple, c’est désormais le Seigneur Jésus lui-même, son corps crucifié et ressuscité ainsi « passé de ce monde à son Père ». Tout pauvre, tout exclu de ce monde est le lieu privilégié où Dieu donne la garantie de sa présence et veut ouvrir une source de grâce.