Dimanche 27 octobre 2013 - 30e Dimanche Année C

Qui admirez-vous ?

Siracide 35,12-14.16-18 - Psaume 33,2-3.16.18.19.23 - 2 Timothée 4,6-8.16-18 - Luc 18,9-14
dimanche 27 octobre 2013.
 

Qui admirez-vous dans votre entourage, parmi les gens connus, entre les figures historiques ? Et surtout, pourquoi ? Pour leur beauté ou leur bonté, pour leur force ou leur intelligence, ou encore pour l’importance de leur œuvre ?

Toutes ces raisons sont bonnes, c’est pourquoi j’admire le pharisien de la parabole : la rigueur morale et l’exactitude religieuse de ses actes supposent force de caractère et sagesse dans l’organisation de sa vie et constituent un bel exemple pour les autres.

À l’inverse, le publicain exerce un métier difficilement défendable. Agent du fisc, il percevait taxes et impôts pour l’occupant Romain ou pour ses « clients » locaux, en se servant au passage. Vous imaginez s’il était détesté et méprisé de tous ! Pourquoi donc Jésus le donne-t-il en exemple plutôt que l’autre ?

D’abord, le pharisien n’attend pas qu’on le donne en exemple, il s’en occupe tout seul : il s’admire lui-même et s’offre à l’admiration de tous. Clairement, il illustre la catégorie pour laquelle Jésus dit sa parabole : ceux qui s’estiment justes et méprisent les autres. Sa prière n’est plus qu’une contemplation satisfaite de soi.

En revanche, le publicain n’est pas satisfait de lui-même. Il a pris conscience de ses fautes et s’en désole. Il mesure aussi sa propre impuissance à sortir de cet état misérable de pécheur. C’est pourquoi il demande avec ardeur à Dieu de le prendre en pitié.

Voilà bien, mes frères, ce qui doit nous étonner. Quel est, en effet, notre comportement habituel quand nous nous sentons coupables ? N’est-ce pas de cacher ce qui nous fait honte, de nier ce dont nous sommes accusés, de justifier coûte que coûte l’injustifiable et de mettre en œuvre toutes sortes de stratégies pour éviter de perdre la face ? Ne voit-on pas des gens dont on se demande comment ils peuvent encore se regarder dans la glace s’exhiber d’un air bravache ?

Imaginez-vous l’un ou l’autre de ces hypocrites ordinaires, de ces hypocrites que nous sommes tous au fond virtuellement, caché au fond d’une église et fondant en larmes devant Dieu à cause de ses péchés ? Celui qui fut touché au cœur une fois, frères, une seule fois comme le publicain d’aujourd’hui ne peut plus se comporter comme le pharisien.

Au fait, qui faut-il admirer quand cela arrive ? Le publicain repentant lui-même ? Ou bien plutôt l’Esprit Saint par la grâce de qui cela lui arrive ? Le publicain, lui, sait bien que c’est l’Esprit Saint. Il ne risque pas de tomber dans le piège de l’autojustification au moment même où se révèle à lui la miséricorde du Seigneur en même temps que son péché.

Quel bonheur, mes amis ! Sachons admirer autrui pour toutes les bonnes raisons du monde. Mais demandons avec ardeur, pour nous-mêmes et pour les autres, d’être libérés de l’enfermement dans l’admiration de soi-même afin de nous ouvrir à l’action de grâce dans l’émerveillement de l’Esprit qui pardonne et sanctifie.