Dimanche 3 novembre 2013 - 31e Dimanche Année C

Descends, si tu es un homme !

Sagesse 11,23 à 12,2 - Psaume 144,1-2.8-11.13-14 - 2 Thessaloniciens 1,11 à 2,2 - Luc 19,1-10
dimanche 3 novembre 2013.
 

Il y a du défi dans le ton, de la bagarre dans l’air. Dans un genre différent, il y a aussi du défi et de la lutte dans les Béatitudes : « Heureux les pauvres, heureux ceux qui sont persécutés pour la justice ! » Le jour de la Toussaint, je disais que Jésus nous invitait ainsi à regarder le bon côté des choses : nos manques et nos détresses sont comme l’espace que Dieu peut combler de sa présence. Aujourd’hui, d’après l’exemple de Zachée, je pourrais ajouter que même le péché a ses bons côtés, puisqu’il peut nous disposer à recevoir le pardon de Dieu.

Comment, en effet, saurai-je qu’il me faut un sauveur si je ne me sens perdu ? Que j’ai besoin de pardon si je ne me sais pécheur ? Luther, que les Réformés célèbrent le 31 octobre, la veille de la Toussaint, en a fait l’expérience éblouissante au point de recommander : « Pèche très fort, mais crois encore plus fort ! » Bien sûr, il ne faut pas prendre cette expression paradoxale au pied de la lettre. De même, lorsqu’il invoque « la foi seule et la grâce seule » comme ressources pour accomplir le bien, il vaut mieux entendre ce qu’il dit là de juste plutôt que de durcir ses positions pour mieux les condamner. Les théories les plus frappantes doivent toujours se juger à leurs fruits quand elles sont bien mises en application.

Théorie vient du grec « théorein » qui veut dire observer. C’est pour observer Jésus que Zachée grimpe dans son sycomore. Mais celui qu’il voulait voir l’invite à une expérience plus engageante : « Descends vite, aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi. » Quiconque reste à distance ne peut entrer dans l’intimité du Christ qui seule nous ouvre le cœur à l’amour et à la conversion. Avec affection et douceur, Jésus convoque le publicain au défi du combat spirituel, il l’appelle à faire un vrai chemin d’homme avec lui.

Le Christ invite chacun de nous à descendre de sa posture d’observateur pour le recevoir vraiment dans sa vie. Le corps à corps de la communion nous mobilise pour une existence croyante où le péché qui nous ligote est vaincu par l’amour sauveur du Fils de Dieu. Ainsi nous pouvons faire le bien non par nos propres forces mues par notre propre volonté, mais par la grâce de celui dont nous croyons qu’il a donné sa vie pour nous.