Dimanche 10 novembre 2013 - 32e Dimanche Année C

Pourquoi vis-tu ?

2 Martyrs d’Israël 7,1-2.9-14 - Psaume 16,1.3.5-6.8.15 - 2 Thessaloniciens 2,16 à 3,15 - Luc 20,27-38
dimanche 10 novembre 2013.
 

Comment l’entendez-vous : comme une question sur la cause ou sur la finalité ? Pour la cause, c’est simple : je vis parce que mes parents m’ont donné la vie, parce que je suis né. Quant à la finalité, c’est encore plus simple : je vis pour vivre !

En effet, la vie veut vivre, c’est là toute sa raison d’être apparemment. Les animaux, en tout cas, n’ont pas d’autre occupation sous le ciel que de prolonger leur propre existence et celle de l’espèce, et même de l’accroître autant que possible. Telle est la bénédiction reçue au commencement. « Croissez, multipliez-vous et remplissez la terre ! », dit Dieu à l’homme ; et de dominer le monde et les autres vivants.

En fait, la vie est à elle-même son propre but, c’est évident. Comme l’amour qui n’a pas d’autre raison que l’amour, la vie ne requiert ni justification ni finalité en-dehors d’elle-même. C’est la mort, plutôt, qui serait à expliquer !

Pourquoi meurs-tu ? Voilà la question.

Quant à la cause, nombreux sont ceux qui veulent donner beaucoup d’explications. Mais pour quelle fin, au fond, nous ne savons pas. Nous sommes seulement forcés de nous rendre à cette évidence tragique : toute femme qui accouche met au monde un être qui mourra.

Pourquoi mourras-tu ? Parce que tu es né.

Du coup, il s’invente trente-six façons de minimiser l’importance de la mort : réincarnation, survie des âmes, dissolution dans le grand Tout. Mais si nous avons plusieurs vies, ce n’est pas grave d’en perdre une ! Si la vie sans le corps est meilleure que celle dans la chair, inutile de se fatiguer maintenant, au contraire, dépêchons-nous de mourir ! Atténuer l’idée de la mort gâche le sens de la vie.

Or, ce n’est pas vrai que cette vie soit sans importance. Ceux qui aiment le savent bien. « Je t’aime » veut dire : « Je veux que tu vives ! » Croire en Dieu, c’est aimer, et aimer, c’est croire à l’importance de la vie.

D’où l’argument de Jésus aujourd’hui : si Dieu a aimé Abraham au point d’en faire son ami, ce n’était pas pour l’abandonner à la mort. Pourtant, il est mort, Isaac et Jacob aussi. Mais Dieu les aime. Donc il veut qu’ils vivent. Or, il peut tout. Donc il leur donnera la vie. Ce que Dieu a décidé, c’est comme si c’était déjà fait, c’est le « parfait prophétique ». Donc Jésus dit : « Ils vivent pour lui ».

Et comment Dieu fait-il pour donner la vie aux morts ? Par la mort de son Fils, et par sa résurrection. Jésus est mort pour nous pardonner il est ressuscité pour nous sanctifier. Une vie délivrée du péché est une vie sauvée de la mort.

Ainsi, par le baptême dans sa mort et sa résurrection, frère, tu sais pourquoi tu vis et tu meurs. Tu meurs à toi-même, à l’orgueil et à l’égoïsme qui t’empêchent d’aimer. Tu vis une vie nouvelle où l’amour est plus fort. Une vie où tu pardonnes parce que tu as a été pardonné, où tu fais miséricorde parce qu’il t’a été fait miséricorde. Et déjà tu sais comment tu vivras par-delà la mort parce que dans la charité fraternelle tu as un avant-goût de l’amour qui n’aura pas de fin.

Alors, soit que tu vives, soit que tu meures, c’est pour le Seigneur qui est vivant avec le Père et l’Esprit Saint pour les siècles des siècles.