Dimanche 1er décembre 2013 - Premier dimanche de l’Avent Année A - Entrée en catéchuménat de quinze adultes

Y a-t-il un volontaire ?

Isaïe 2,1-5 - Psaume 121,1-9 - Romains 13,11-14 - Matthieu 24,37-44
dimanche 1er décembre 2013.
 

Quand la question se pose, tout le monde se méfie. S’il ne s’en trouve pas, il faut bien en désigner un. Les autres sont alors trop contents que cela ne tombe pas sur eux. Encore faut-il que le désigné accepte.

Par exemple : qui veut bien mourir sur la croix pour sauver tous les hommes ? Heureusement, il s’est trouvé Jésus. Et encore, il aurait préféré ne pas avoir à souffrir cela. Mais il a accepté librement.

C’est logique. Il s’agit de sauver tout l’homme. Or, si quelqu’un est forcé, sa liberté n’est pas sauvée. Et si sa liberté n’est pas sauvée, il n’est pas sauvé tout entier. C’est pourquoi Dieu ne veut forcer personne. En particulier, l’homme qui sauve tous les hommes l’accepte librement.

De même, Dieu a voulu qu’Israël accepte librement son élection : si le Seigneur a choisi Israël, c’était afin d’appeler toutes les nations à partager sa grâce et sa gloire. Telle est la révélation qui s’énonce au livre du prophète Isaïe, dans le passage que nous venons d’entendre.

Ce que Dieu donne à l’un, il ne l’ôte pas aux autres, au contraire : c’est en vue d’en gratifier tous ses enfants qu’il dispense un grand bien à l’élu. Il ne faut donc pas soupçonner une injustice quand nous entendons dans l’évangile : « l’un est pris, l’autre laissé ». En fait, plus littéralement dans le texte grec : « l’un il l’accueille, l’autre, il le laisse aller. »

Si quelqu’un accepte « d’être pris », Dieu le reçoit aussitôt avec joie. Mais il laisse aller celui qui n’est pas prêt à répondre à son appel. Il ne se prive pas, parfois, d’insister tendrement comme un père ou une mère, mais jamais il ne contraint. Et c’est avec la même tendresse qu’il se résout à renoncer, pour le moment, car il ne perd jamais l’espérance, lui.

En somme, Dieu ne fait pas moins miséricorde quand il « laisse aller » que lorsqu’il choisit. Il ne cesse d’aimer celui qui est laissé comme il aime celui qu’il a élu. Et c’est grâce à l’élu que la grâce de Dieu pourra venir aussi à celui qui est laissé. Pour chacun de nous Dieu patiente, et il patientera jusqu’à la fin du monde.

Ainsi, ce n’est pas pour vous seulement que vous avez dit oui, chers amis. Nul ne peut dire oui à la place d’un autre, mais chacun de vous devient une chance pour beaucoup d’autres de répondre oui à leur tour. Et, mystérieusement, en faisant grandir son Église, Dieu se rapproche de tout homme qu’il veut sauver, fût-il perdu au plus loin des périphéries existentielles.

Puisqu’à l’appel du Seigneur vous vous êtes déclarés volontaires pour être reçus dans son Église, frères et sœurs bien-aimés, nous prions pour qu’il vous conduise jusqu’à la plénitude de la joie du baptême. Et, déjà, nous rendons grâce à Dieu pour votre élection bienheureuse.

C’est ainsi que le Seigneur vient. Il est venu dans le cœur des justes de la Première Alliance jusqu’à sa manifestation : alors il est venu dans notre chair par la grande porte du cœur de Marie. Depuis, il vient chaque fois qu’un enfant des hommes lui ouvre la porte de sa foi. Enfin il viendra à la fin des temps.

Et nous espérons fermement que, ce jour-là, nous serons tous volontaires pour entrer dans la joie éternelle de Dieu.