Dimanche 15 décembre 2013 - Troisième dimanche de l’Avent Année A - Messe des familles

Les grands hommes sont les hommes d’un grand moment

Isaïe 35,1-6a.10 - Psaume 145,7-10 - Jacques 5,7-10 - Matthieu 11,2-11
dimanche 15 décembre 2013.
 

Vous comprenez cette phrase, les enfants ? Non, bien sûr, et personne ne lève le doigt. Si certains le faisaient, ne serait-ce pas seulement pour essayer de se rendre intéressant ? Ce ne serait pas si étonnant : tout le monde a envie de briller devant les autres. Et chacun a des atouts, des talents à faire valoir. Seulement, il faut une bonne occasion pour qu’ils puissent s’exprimer. Sans cela, les plus puissants génies peuvent rester inconnus. Par exemple, il n’y aurait pas eu de Napoléon sans la Révolution Française, pas de De Gaulle sans la débâcle de juin 40, pas de Nelson Mandela sans la crise de la ségrégation raciale en Afrique du Sud. Donc, les grands hommes sont les hommes d’un grand moment.

C’est pourquoi Jésus dit : « Parmi les enfants des hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ». En effet, il n’existe pas dans l’Histoire de moment plus grand que la venue du Christ. Et le Christ lui-même s’est fait plus petit que Jean en naissant après lui. Le plus grand, en effet, c’est l’aîné, n’est-ce pas ? Donc, le plus petit dont parle Jésus, c’est lui-même. Or, il dit qu’il est le plus grand « dans le Royaume ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Pourquoi Jean-Baptiste, dans sa prison, a-t-il des doutes sur Jésus, lui qui l’a désigné auparavant comme « l’Agneau de Dieu » ? Parce que le Messie doit libérer les prisonniers. Jean dit donc en quelque sorte : « Si tu es vraiment le Messie, libère-moi de ma prison ! » Mais il ignore encore que le Christ lui-même va se laisser arrêter par les hommes et attacher sur le bois de la croix. Il oublie que les fidèles du Seigneur doivent porter la foi jusqu’à l’espérance invincible dans les pires épreuves.

Le plus petit dans le Royaume, c’est celui qui, comme Jésus, supporte avec patience les souffrances de ce temps dans l’attente des biens promis dans le monde à venir. Alors il est libérés de liens plus terribles que les fers des prisonniers : l’enfermement dans l’incrédulité. Alors il croit et il entend la béatitude : « Heureux vous qui êtes persécutés à cause de moi ! » Et déjà son cœur se réjouit malgré ce qu’il endure.

Tous les hommes rêvent de devenir grands. Les plus ambitieux guettent le bon moment ou cherchent à le faire venir, celui où leurs qualités vont pouvoir s’exprimer au mieux. Beaucoup attendent en vain. Mais vous, vous pouvez sans attendre être grands selon la parole de Jésus, quel que soit votre âge. Il vous suffit d’accueillir la foi et de choisir la fidélité au Seigneur plutôt que les biens de ce monde : la gloire, la richesse et le pouvoir. Alors vous serez peut-être petits aux yeux des hommes, mais grands comme son Fils au regard de Dieu.

N’attendons pas pour devenir grand un moment meilleur que celui où nous sommes. Car maintenant le Seigneur vient dans le cœur de ceux qui espèrent sa venue, et il les remplit de joie.