25 décembre 2013 - Nuit de Noël

Qui veut un cadeau ?

Isaïe 9,1-6 - Psaume 95,1-3.11-13 - Tite 2,11-14 - Luc 2,1-14
mardi 24 décembre 2013.
 

Qui veut un cadeau ?

Tout le monde en veut. Mais qui l’a mérité ? Qui a été parfaitement sage tout le temps ? Personne ? Hum ! Bon, on va le donner quand même, mais à condition que vous promettiez d’être parfaitement sages désormais. Bien sûr, tout le monde est d’accord.

Mais personne ne se fait d’illusions. Pour commencer, ce cadeau, il se pourrait qu’il soit cassé, tordu, démonté, écrasé, perdu ou noyé. Mais qui s’en inquiéterait au point de ne pas le donner ? Qui ne le donnerait quand même, et avec le sourire, encore !

Pour les enfants, c’est assez simple. Avec les adultes, cela se complique. Ils savent qu’en l’affaire le donateur est aussi important que le don, et plus encore l’intention. Et Dieu sait que les intentions peuvent être mélangées. Ils connaissent le prix des présents : qu’il peut être trop ou pas assez. Ils considèrent aussi le plaisir que leur fait ce qu’ils reçoivent et sont capables de dédain. Les sites de revente regorgent d’offres au lendemain des fêtes !

En somme, il est risqué d’offrir un cadeau. Mais aussi de le recevoir, car un présent engage toujours plus ou moins celui qui l’accepte.

Dieu, pourtant, prend le risque : il nous offre son Fils. En plus de tout, d’ailleurs, puisqu’il nous a déjà donné la vie et le monde, que nous avons déjà plus ou moins cassé, tordu, perdu et gâché. Il sait que nous sommes capables d’en faire autant avec son propre Fils. Et il le donne quand même. Et avec le sourire, encore, ce sourire de Dieu qui est la joie de Noël !

En fait, c’est exactement ce qui s’appelle la miséricorde : être gentil avec celui qui est dans son tort, et avec le sourire, encore ! Bien sûr, si Dieu est bon avec nous même si nous sommes méchants, ce n’est pas pour que cela continue comme avant, mais pour que ça change. Pour que tout ne soit pas gâché, et même que tout soit sauvé. C’est pour cela qu’il donne son corps et son sang.

Jésus né dans une mangeoire est déjà le signe intégral : pour se donner lui-même en nourriture, il devra passer par le sacrifice de la croix et ressusciter. Le geste de manger dit toute l’ambivalence de notre accueil de ce don : comme destruction de ce qui est mangé, que nous l’avons mis à mort par nos péchés ; comme absorption d’une nourriture fortifiante, que nous vivrons de lui. Communier, c’est donc se reconnaître pécheur, « meurtrier du Christ », mais pardonné par lui et sanctifié pour mener une vie sainte.

Dieu a pris le risque de nous offrir le plus beau des cadeaux. Prendrons-nous celui de l’accepter ? C’est une affaire personnelle. À chacun le Père dit en particulier, avec le plus beau des sourires : « Toi, mon enfant bien-aimé, veux-tu ce cadeau qui est mon Fils ? » L’accepter vous engagerait. Par exemple à faire miséricorde en cette nuit, en ce jour de Noël : si quelqu’un vous a fait du tort, voulez-vous quand même lui faire du bien, et avec le sourire, encore ?

Voulez-vous, bien, bien-aimés de Dieu, de ce cadeau-là ?