Dimanche 29 décembre 2013 - La Sainte Famille Année A

Les histoires de famille n’ont pas de fin

Siracide 3,2-6.12-14 - Psaume 127,1-5 - Colossiens 3,12-21 - Matthieu 2,13-15.19-23
dimanche 29 décembre 2013.
 

à moins que la lignée ne s’éteigne. Sinon, de génération en génération, elles se racontent et se perpétuent. Souvent, les descendants, comme soumis à la fatalité, répètent les drames qui marquèrent l’existence de leurs aïeux : c’était écrit, dirait-on ! Aussi, beaucoup fouillent le passé avec ardeur afin de démasquer les forces qui les meuvent inconsciemment, et tenter, si possible, d’y échapper. En somme, il s’agit de comprendre son histoire antérieure pour vivre mieux le présent, pour vivre plus.

De même, pour comprendre l’évangile de la fuite en Égypte, il faut connaître les histoires de famille auxquelles il se rapporte. Et d’abord, bien sûr, celle de Moïse : sauvé des eaux, alors que Pharaon avait ordonné la mort de tous les enfants mâles ; enfui en Madian, d’où il revient quand le Seigneur l’avertit « qu’ils sont morts, ceux qui en voulaient à sa vie ». Jésus, sauvé de la main d’Hérode avant de devenir Sauveur de son peuple, accomplit la figure de Moïse.

Mais, déjà le patriarche Joseph, jalousé et vendu par ses frères, était descendu en Égypte. Y recevant ses frères poussés par la nécessité, il leur dit : « Vous avez voulu me faire du mal, mais Dieu en a tiré un bien ; j’ai été envoyé en avant de vous pour sauver maintenant notre famille de la famine ». Jésus, rejeté par ses frères avant de devenir leur Sauveur accomplit la figure de Joseph.

Pourtant, c’est son père sur la terre qui porte le nom du Patriarche. Et, à la vérité, c’est lui aussi qui accomplit sa figure comme celle de Moïse. Car il est le chef de la Sainte Famille comme eux furent les chefs du peuple. Comme eux, il est parfaitement docile à la voix du Seigneur pour conduire Israël. Ainsi, Jésus et Marie sont, eux, la figure du peuple de l’Alliance : Emmanuel, « Dieu avec nous », et la fille de Sion.

L’enfance de Jésus, tout à fait docile à la conduite de son père, rappelle tout ce temps de la première Alliance où Dieu s’est en quelque sorte remis entre les mains des chefs qu’il avait choisis pour son peuple bien-aimé. La naissance du Fils éternel dans notre chair est « la fin » de l’histoire d’Israël, mais pas l’extinction de la lignée, au contraire. Il a rompu la fatalité du péché pour que nous puissions vivre dans la sainteté, c’est-à-dire plus et mieux, selon notre vocation depuis notre père Abraham.

L’histoire d’Israël devient à la fin, en Jésus le Messie et en l’Église qui naît de son sacrifice, l’histoire de notre famille humaine : ainsi nous devenons la famille de Dieu pour un bonheur qui n’aura pas de fin.