Dimanche 5 janvier 2014 - Épiphanie du Seigneur

Connaissez-vous bien Jésus ?

Isaïe 60,1-6 - Psaume 71,1-2.7-8.10-13 - Éphésiens 3,2-3a.5-6 - Matthieu 2,1-12
dimanche 5 janvier 2014.
 

Vous hésitez, je le comprends. Mais alors je me demande pourquoi nous fêtons l’Épiphanie du Seigneur, la manifestation de Jésus Christ, c’est-à-dire qu’il s’est fait connaître sur toute la terre. Si nous, nous ne le connaissons pas, qui donc le connaîtra ?

Pourtant, les Mages venus de loin ont l’air de bien le connaître, puisqu’ils lui offrent l’or, l’encens et la myrrhe. Par l’or, ils le reconnaissent roi, bien entendu. Par l’encens, ils l’honorent comme Dieu, c’est étonnant. Par la myrrhe, ils déclarent sa pleine humanité, de la conception à la mort, et, là c’est stupéfiant : comment est-ce possible alors qu’il vient tout juste de naître ?

Tout simplement parce que tout était annoncé par l’Écriture, c’est-à-dire dans l’Ancien Testament. La preuve : à la question du roi, les scribes répondent sans hésiter, à partir du Livre, que l’enfant doit venir de Bethléem. Mais tant que l’Écriture n’est pas accomplie en la personne de Jésus, de sa naissance à l’Ascension, et même jusqu’à sa venue en gloire, un voile demeure sur le mystère. La clef du mystère, c’est la croix, le lieu même où le Christ est intronisé comme roi. Ce voile est pleinement levé pour l’Apôtre saint Paul, comme il l’explique aujourd’hui. En effet, même la venue en gloire est commencée, puisqu’il vient pour tous ceux qui l’accueillent avec foi.

Alors, je pose la question : ne l’avons-nous pas accueilli dans la foi ? Sinon, pourquoi ne le connaissons-nous pas bien ? De quelqu’un que je connais bien, je peux dire : je suis allé là avec lui, j’ai fait ceci en sa compagnie, c’est pourquoi je peux vous parler de lui. N’a-t-il donc pas été notre compagnon ? Qui a dit : « Jésus Christ fut le radieux compagnon de mon enfance et de ma jeunesse, et maintenant il est toujours le radieux compagnon de ma vie » ? Cherchez bien. Non, ce n’est pas le pape François. C’est Louis de Funès. Nombreux sont ceux, papes ou pas papes, acteurs connus ou illustres inconnus, qui pourraient en dire autant. Pourquoi pas nous, nous qui fêtons aujourd’hui sa radieuse présence de compagnon des hommes jusqu’à la fin du monde ?

C’est pourtant simple, puisque Dieu a tout fait pour cela. Il suffit de le trouver dans les Écritures, qu’on ne peut ignorer sans méconnaître le Christ, et de mettre l’Évangile en pratique, et d’abord par la prière en son nom. Beaucoup étudient la Bible avec ardeur sans y trouver le Seigneur, parce que ce n’est pas lui qu’ils y cherchent. Beaucoup passent du temps en prière sans connaître Dieu, parce que ce n’est pas dans le Fils qu’ils prient. Mais nous qui avons tant reçu et qui le recevons intimement dans l’Eucharistie, pourquoi ne le connaîtrions pas ? Et comment le trouveront ceux qui le cherchent si nous ne sommes pas là pour le leur présenter, comme Joseph et Marie l’ont présenté aux Mages dans la crèche ?

La Jérusalem qui tressaille de joie dans le Seigneur présent en elle et voit venir à elle toutes les nations en quête du Dieu de l’Univers, c’est l’Église. C’est nous si nous sommes fidèles à notre vocation sainte.

Faisons vraiment de Jésus le compagnon de nos vies dans la prière et la pratique, chacun de nous et tous ensemble, et nous pourrons dire à tous ceux qui nous le demanderont : oui, nous le connaissons bien, c’est « Emmanuel », Dieu avec nous, c’est le Sauveur du monde !