Dimanche 19 janvier 2014 - Deuxième dimanche Année A

Comment se distinguer ?

Isaïe 49,3.5-6 - Psaume 39,2.4.7-11 - 1 Corinthiens 1,1-3 - Jean 1,29-34
dimanche 19 janvier 2014.
 

C’est la question des ambitieux. Pour sortir du lot et monter plus haut, il faut bien se faire remarquer. Soit. Mais ce n’est pas très distingué en général de se faire remarquer. Du moins au sens de la distinction comme qualité des personnes bien nées et bien élevées.

Jésus s’est-il distingué ? En tout cas, il n’a jamais cherché à se faire remarquer par ambition personnelle. Il était même une personne apparemment assez banale avant son entrée soudaine dans la vie publique : tout l’indique dans les évangiles, en particulier l’étonnement de ses familiers devants son comportement nouveau et inattendu. Aussi, quand aujourd’hui Jean-Baptiste déclare : « L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi » (selon la nouvelle traduction liturgique plus fidèle au grec), cela signifie clairement que Jésus a d’abord choisi de se faire disciple d’un maître humain, lui, le maître du monde, lui qui était avant le temps !

Certains, au nom d’une christologie qui se voudrait plus pieuse, refusent cette interprétation : pour eux, ce serait indigne du Fils de Dieu qui n’aurait, bien sûr, nul besoin d’aucun maître. Cela me fait penser à ce souvenir que le plus âgé de notre équipe de prêtres nous racontait l’autre jour. Enfant, il suivait avec sa grand-mère le chemin de croix, ponctué comme il se doit des trois chutes de Jésus, et s’étonnait : « Comment peut-il tomber, alors qu’il est Dieu ? » Et la chère femme de répondre : « Il fait exprès, pour se faire mal ».

Non, Jésus n’a pas fait exprès, pas plus qu’il n’a fait semblant. Il a pris notre condition humaine en toute chose excepté le péché, comme le confesse l’Église et comme le rappelle la septième préface des dimanches. Il a été semblable à nous par la faiblesse et la fragilité. Il a pu faire des fautes d’orthographe et se tromper dans ses additions, ou dans ses prédictions sur le temps qu’il allait faire. Il a eu besoin d’apprendre comme un enfant normal, comme un homme banal, et, même pour la prédication de la Bonne Nouvelle, il a commencé par se mettre à l’école d’un maître : le Baptiste.

Mais lui seul est sans péché, c’est pourquoi lui seul pouvait enlever le péché du monde en s’offrant pour les pécheurs, lui, l’Agneau sans tache. Lui seul avait ce pouvoir, car lui seul est Dieu, né de Dieu. Puisque la seule distinction de Jésus, notre maître et le Sauveur du monde, est sa sainteté - il est le Saint de Dieu ! -, n’en désirons pas d’autre. Car, désormais, il n’est pas d’ambition plus légitime pour nous, les hommes.

« Comment devenir saints ? », c’est la bonne question. Et nous savons la réponse, car le Saint s’est fait le chemin.