DU BUIS VERT AU BOIS CRUCIFIÉ - Éditorial du dimanche 20 mars 2016 - Dimanche des Rameaux et de la Passion

dimanche 20 mars 2016.

« Car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’adviendra-t-il du sec ? » (Lc 23,31) Ni rameaux ni palmes n’apparaissent dans le récit de l’entrée du Seigneur à Jérusalem par saint Luc. Mais l’évangéliste nous livre cette parole de Jésus un peu plus loin au cours de la Passion. Le Christ parle ici de lui-même : il est l’arbre planté près des eaux vives, le Fils sur qui demeure l’Esprit Saint. Les disciples l’acclament comme tel. L’ânon jamais monté accepte volontiers de le porter, manifestant ainsi au nom de toute la Création qu’il le reconnaît comme son Seigneur plein de bonté.

Pourtant, les chefs de son peuple vont le livrer aux païens pour qu’ils le clouent à l’arbre du supplice. Autant Jésus est étendu sur la croix, autant le bois sec est crucifié sur lui, se laissant baigner de son sang comme d’une sève nouvelle qui redonne vie. Toute la création transpercée de maux et vouée à la mort reçoit ainsi l’amoureuse étreinte du Sauveur où se lit la promesse de la résurrection. L’Église est ici prophétisée comme Épouse rachetée et lavée dans le sang de l’Époux pour une vie de grâce et d’annonce du salut.

Vendredi, en vénérant la croix, songeons que nous embrassons aussi l’Église notre mère née du sacrifice parfait pour donner au Père une multitude d’enfants de l’amour. Et que nous saluons d’un saint baiser la Création voulue par Dieu en vue de l’homme façonné à son image et restaurée au prix de la face lacérée de son Fils unique et bien-aimé. Avec François, le saint pauvre d’Assise et le pape qui a choisi son nom, portons un regard fraternel sur la Nature qui nous est donnée comme berceau et jardin à soigner, et dont le sort est lié au nôtre. Demandons pour elle et pour nous le sacrifice où le Seigneur se blesse de nos blessures et fait à tous miséricorde.


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