QUI NOUS FERA VOIR LE BONHEUR ? (Ps 4,7) - Éditorial du dimanche 5 juin 2016 - 10e Dimanche Année C

dimanche 5 juin 2016.

Qui ne désire être heureux ? Qui ne veut le bonheur pour ses enfants ? C’est-à-dire qu’ils se développent bien, physiquement et moralement, qu’ils deviennent capables de travailler et de gagner leur vie dans un métier épanouissant, qu’ils connaissent le grand amour et la joie de donner la vie à leur tour à des enfants qui seront heureux tout comme eux. Par contraste, le malheur se définit comme l’échec de ce projet. C’est la situation de départ de notre évangile : une veuve qui perd son fils unique.

Le nom Naïm signifie en hébreu « agréable, délicieux, charmant » ; et le verbe na’am, « avoir du bonheur ». Noémi, héroïne du livre de Ruth dont le nom est équivalent à celui de Naïm, est justement une veuve qui perd ses deux fils. Ainsi, la question de notre évangile est bien celle de la perte du bonheur et de la possibilité ou non de le retrouver. Or, c’est la question de toute la Bible, depuis le jardin de la Genèse, planté en Éden (« ’éden » signifie « délice » en hébreu). Chassés d’Éden, Adam et Ève connaîtront le bonheur et le malheur, loin de l’arbre de Vie que Dieu avait mis au milieu du Jardin pour leur donner le bonheur éternel.

Le geste de Jésus ressuscitant le fils de la veuve est prophétique : il annonce sa propre Pâque, mort et résurrection, et que son « passage » de ce monde à son Père sera ouvert à tous les hommes. Il révèle qu’il est lui-même l’arbre de Vie auquel l’homme a de nouveau accès, moyennant la foi en lui. Ainsi, quand nous communions, nous recevons le Christ lui-même pour marcher comme lui sur le chemin de la vie, à travers les joies et les épreuves, en témoins de son amour vainqueur du péché et de la mort. Et c’est cela le vrai bonheur, aujourd’hui même dans les larmes, et demain dans la joie parfaite éternellement.


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