VOIR VENIR - Éditorial du dimanche 3 décembre 2017 - 1er de l’Avent

dimanche 3 décembre 2017.

« Veillez ! », dit le Seigneur, mais pour guetter quoi au juste ? Dans l’évangile, Jésus parle de sa venue au dernier Jour, de sa « Parousie » : mais en pratique que pouvons-nous voir venir, dans la rue ou à la maison, au travail ou au repos ? Dimanche dernier, à la fin de l’année liturgique, nous étions invités à reconnaître le Fils de l’homme en chaque personne souffrante à servir, mais en ce « nouvel An », quelle est la tonalité plus particulière de l’injonction ? Peut-être la trouverons-nous dans le rapprochement avec la nouvelle traduction du Notre Père qui entre en vigueur aujourd’hui.

Le Notre Père est une prière boomerang : celui qui dit « Que ton nom soit sanctifié » doit faire honneur au nom de Dieu ; « Donne-nous notre pain » suppose que nous agissions pour nous le procurer, à nous et à ceux qui dépendent de nous ; quant à « Ne nous introduis pas en tentation » (traduction littérale du grec), cette demande nous renvoie à une vigilance de tous les instants pour accepter de la main de Dieu les épreuves nécessaires et pour éviter les tentations (du diable) autant que possible. Il nous appartient de distinguer les unes des autres.

En effet, le mot grec « peirasmos » traduit par « tentation » signifie d’abord simplement épreuve. Le texte français, et c’est dommage, perd cette ambivalence pour ne garder que l’acception négative. Il est à noter que le latin « temptatio » conserve la richesse sémantique du grec, mais bien peu le savent ! Inutile, donc, de s’appesantir sur les finesses de traduction, mieux vaut se confier au Seigneur Jésus de qui nous tenons cette prière : lui-même est allé jusqu’à la croix en recevant cette « coupe » des mains de son Père, sans jamais donner prise au Tentateur, car il était fidèle et vigilant.


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