LE REJET DE DIEU : MALADIE ET REMÈDE - Éditorial du dimanche 3 février 2019 - 4e dimanche - Année C

dimanche 3 février 2019.

La réaction des auditeurs de Jésus dans la synagogue de Nazareth semble inexplicable. Le simple fait que ses familiers aient du mal à admettre qu’il se révèle subitement extraordinaire ne suffit pas : nous voyons bien que l’ascension soudaine d’un de nos proches peut nous surprendre, mais nous ne tardons pas à l’admirer et à en tirer fierté. De même, le dépit de voir d’autres profiter des grands bienfaits réalisés par leur « pays » avant eux-mêmes ne justifierait pas une volonté de meurtre. En fait, ce récit prophétise le dénouement tragique du ministère public de Jésus : il sera livré par les siens aux païens pour être exécuté. D’ailleurs, la phrase « passant au milieu d’eux, il allait son chemin » évoque la Pâque du Christ : son passage de ce monde à son Père par le sacrifice de la croix.

Si nous cherchons une explication causale, nous sommes devant une circularité : est-ce l’accueil des pécheurs et des païens dans l’Alliance qui provoque le refus des proches de Jésus, ou bien ce refus qui permet cet accueil ? Il ne nous appartient pas de trancher ce nœud, mais seulement de constater l’implication réciproque des deux faits. Et surtout de comprendre que ce qui se révèle dans le tragique de ce rejet du Messie par son peuple est celui du refus de Dieu par l’humanité tombée au pouvoir du mal. Depuis le premier péché, notre enfermement dans l’éloignement du Créateur relève de l’orgueil qui caractérise la révolte du diable et nous contamine tous, du plus grand au plus petit, tout au long de l’histoire humaine.

C’est pourquoi la leçon principale de l’épisode est bien tirée par saint Augustin : « L’humilité de Jésus Christ est le remède à ton orgueil... Tandis que tu ne pouvais pas courir chez le médecin, le médecin en personne est venu chez toi... Dieu est venu avec l’humilité pour que l’homme puisse justement l’imiter... Tu vois l’humilité du médecin et tu ne vois pas le cancer de ton orgueil, c’est pourquoi l’humilité ne te plaît pas. » Mais ne nous voilà pas enfermés derechef dans une circularité ? Si l’orgueil m’empêche d’être humble, la maladie m’interdit le remède ! C’est vrai. Mais, miracle, la mort de Jésus brise le cercle infernal. Nous le croyons, nous en rendons grâce et nous en témoignons auprès de tous par la sainte humilité de notre vie.


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