L’ALLIANCE À LA MORT À LA VIE - Éditorial du dimanche 17 mars 2019 - 2e dimanche de carême - Année C

dimanche 17 mars 2019.

« À la vie à la mort », dit-on pour affirmer qu’une amitié se noue définitivement. De même le mariage, comme institution naturelle de droit divin, unit les époux pour toute la vie « jusqu’à ce que la mort les sépare ». L’horizon de la disparition des conjoints ne se traverse que par la perspective de l’existence ultérieure des enfants en qui de quelque manière les parents se prolongent.

Le renversement évangélique instauré par Jésus assume l’ordre naturel en lui ouvrant un autre avenir par-delà cette limite inévitable pour l’homme depuis que le péché est entré dans le monde. Le prix de cette traversée est la croix du Christ, sacrifice couronné par sa résurrection et récompensé par la rédemption des enfants de Dieu. C’est pourquoi Jésus annonce en sa personne la mort, puis la Vie.

Si cette nécessité ne cesse de nous apparaître comme un scandale insupportable, il importe de remarquer qu’elle est pourtant déjà inscrite dans le régime naturel de l’humanité en sa plus haute réalisation, le mariage, justement. Les fiancés, en effet, n’entrent vraiment dans ce mystère qu’en acceptant, au fond, de mourir chacun à lui-même pour partager une vie nouvelle dans le don réciproque de soi tout-entier.

Pour les familles humaines, pour Israël, descendance promise par Dieu à Abraham son ami, pour les célibataires consacrés en annonce du Royaume qui vient, pour le disciple fidèle du Fils venu dans notre chair, l’existence ne cesse de prendre la forme pascale du renoncement à soi pour se recevoir nouveau : « Qui perd sa vie à cause de moi la trouvera ». Et la joie jaillit en eux, signe de l’espérance qui ne trompe pas.


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