AIMER LA FRANCE - Éditorial du dimanche 5 mai 2019 - 3ème Dimanche de Pâques - Année C

dimanche 5 mai 2019.

Certes, nous aimons la France, notre patrie. Mais nous aimons par-dessus tout le Christ, n’est-ce pas ? C’est la vraie question de Jésus à Pierre aujourd’hui : M’aimes-tu plus que tout au monde, plus même que ta propre vie ? Dans la triple interrogation, le jeu sur les deux verbes utilisés pour dire aimer n’apparaît clairement qu’en grec. Diverses interprétations s’opposent à ce sujet. Il semble en tout cas que la pointe de l’épisode soit le renoncement de l’Apôtre à sa prétention d’aimer le Seigneur plus que les autres. Cet acte d’humilité, sorte de pénitence prescrite à l’occasion du pardon donné pour le triple reniement, constitue la seconde des colonnes sur lesquelles s’établit le ministère pastoral universel de Pierre, la première étant bien sûr sa foi.

N’est-ce pas l’occasion, à la veille des élections européennes, d’appeler à une semblable humilité ceux qui prétendent aimer la France plus ou mieux que les autres ? Que diverses visions et opinions s’opposent, c’est le jeu légitime de la démocratie. Mais l’exaspération des attitudes dans le rejet violent des adversaires politiques ne sert pas la réflexion ni la juste évaluation des enjeux et des propositions. Serait-ce trop demander que les candidats en lice (et les électeurs !) s’appliquent à débattre dans le respect mutuel, le goût de la vérité et la droite recherche du bien commun ?

Certains diront que la nature même du jeu politique oblige au contraire à la haine de l’adversaire qu’il faut éliminer, au mensonge efficace et à la poursuite des intérêts du parti avant toute chose. Ceux-là sont déjà dans une logique de guerre et de destruction : il n’y a rien d’autre à attendre d’eux et l’on doit souhaiter, en simple et bonne humanité, qu’ils ne soient jamais élus. Bien au contraire, dans la joie et la lumière de Pâques, appliquons-nous tous à faire notre devoir de citoyen de manière à forger un avenir de paix, de justice et de prospérité pour toutes les nations. Ce n’est pas un vain vœu pieux, mais la ferme espérance qui nous vient du Ressuscité, lui que nous aimons plus que tout au monde.


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