IL FAUT ÊTRE DEUX POUR OBÉIR - Éditorial du dimanche 19 mai 2019 - 5ème Dimanche de Pâques - Année C

dimanche 19 mai 2019.

Pour s’aimer l’un l’autre, il faut être deux. Si le commandement de Jésus s’adresse d’abord à ses disciples, ce n’est pas pour qu’ils aiment leur prochain avant ou plus que « le lointain », mais afin que leur amour mutuel soit vraiment « comme il nous a aimés », lui le Seigneur et Maître qui a lavé les pieds de ses disciples avant de donner sa vie pour tous. Cet amour caractéristique, puisque c’est à lui que « tous reconnaîtront » qu’il sont au Christ, s’éclaire des paroles de saint Paul : « Soyez soumis les uns aux autres » et « Ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes ».

En somme, le point fondamental peut se comprendre comme une manière d’obéissance mutuelle vraiment remarquable par rapport aux pratiques du monde. Ou encore, si l’on se réfère à l’étymologie du verbe obéir, une certaine façon de s’écouter l’un l’autre manifeste l’empreinte de l’Esprit Saint dans le cœur de ceux que le baptême a faits frères et sœurs du Seigneur et qui le sont vraiment. En particulier, les positions hiérarchiques, sociales ou ecclésiales, n’autorisent pas les « grands » à moins considérer la parole des « petits ». Ceux qui commandent aux autres doivent être des modèles dans leur façon d’obéir.

La gloire du Fils de Dieu est sa parfaite obéissance au Père. Elle ne consiste pas en une négation de sa personnalité, au contraire : dans son humilité pleinement volontaire et responsable, il révèle en vérité celle de son Père, si l’on ose parler ainsi. Le paradoxal effacement du Dieu Tout-Puissant devant le mal qui se fait en dépit de lui ne se comprend que devant la croix. Là se reconnaît la toute-puissance de l’amour vainqueur du mal non par la force et les armes de l’ennemi, mais par le don de soi divin. Ainsi, les disciples qui reflètent l’amour du Père et du Fils manifestent la gloire de Dieu.


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